correspondant agoravox

dimanche 1 juillet 2018

LA NUIT DES EGLISES A GOMETZ LA VILLE: UN REGAL POUR LES SENS PENDANT DEUX HEURES.


L'association AMIGOVILLE de Gometz la Ville, qui se voue à la valorisation du patrimoine local, a organisé pour la 2e fois, samedi 30 juin, à partir de 21h30, la NUIT DES EGLISES  dans l'église Saint-Germain.
Le programme proposé, intitulé "VIBRATIONS", comportait une alternance de musique, de chants, et de poèmes, tandis qu'étaient projetées sur la paroi intérieure de l'église de belles photographies de notre région, le Hurepoix, dues à notre administrateur préféré Jean-Maurice Sattonnay.

        De g à dr: Sylvie Arlot (flûte à bec), Pierre Jacquin (guitare), Julie Lévy-Folgado (flûte traversière) interprètent " La Follia", sonate baroque d'Arcangelo Corelli. Ils ont interprété aussi une sonate de Bach, et une autre de Karl Friedrich Abel. En arrière-plan, photographie du château du Marais dans la lumière du soir.

La soirée était divisée en trois séquences, séparées par une pause conviviale. Chacune d'elles débutait par un court diaporama d'images du Hurepoix, soutenu par une musique enregistrée, puis se succédaient , dans un ordre variable, une séquence de musique classique ou baroque assurée par une formation de cinq instrumentistes sous la houlette de Nicolas Jacquin, des poèmes de Geneviève Dumont, dits par elle-même et une amie, et des chants entonnés par la soprano Isabelle Delcroix-Segundo qui avait bien voulu prêter son superbe concours!

La soprano Isabelle Delcroix - Segundo a interprété  des chants japonais, "Après un rêve" de Gabriel Fauré, "Bachianas brasileiras" de Villa-Lobos et "Papillons inconstants" de Rameau. En arrière plan, on aperçoit une partie d' un champ de coquelicots photographié à Longvilliers.

La beauté des œuvres diffusées et  interprétées, la qualité remarquable des interprètes, firent de cette soirée, pour les spectateurs,  un vrai ravissement pour l'oreille, tandis que l'œil , simultanément, était séduit par le charme des images diffusées, toujours changeantes.
Le tout s'est déroulé dans le clair obscur d'une église mise en lumière çà et là , notamment par des bougies dont le parfum embaumait les lieux.

Geneviève Dumont (à gauche) , accompagnée d'Odile Marchal, dit son poème "Balade", illustré en arrière plan par une promenade dans l'allée d'honneur du parc du château de Jeurre. 7 autres poèmes, inspirés le plus souvent par la Nature, seront ensuite présentés au fil de la soirée

Les pauses furent l'occasion de prendre quelques rafraîchissements et gourmandises, autre source de plaisir, gustatif cette fois!

Bravo cette fois encore à l'équipe de choc d'Amigoville, Claire Pescheux, Charles Hervé Ricour, Paul Duquennoy, Michèle  Guillaume notamment, qui ont imaginé et réalisé ce projet , bravo à tous ceux aussi qui y ont prêté leur concours, soit en tant qu'artistes , soit en aidant le groupe.

Il est cependant dommage que l'important travail fourni par le groupe n'ait pas été récompensé par un auditoire  plus important, le résultat obtenu le méritait!

Alors, ne manquez pas la prochaine NUIT DES EGLISES, ravissement de l'âme garanti!

                                                        Thibault GOMMETTE.
                                             La Blogazette des Ulis et du Hurepoix.
                                     
Les intervenants:

Chants: Isabelle DELCROIX - SEGUNDO, soprano.
Instrumentistes:
Nicolas JACQUIN, orgue et clavecin
Sylvie ARLOT, flûte à bec
Odile JACQUIN, clavecin.
Pierre JACQUIN, guitare.
Julie LEVY FOLGADO, flûte traversière.

Poésies de Geneviève DUMONT, dites par elle-même et par Odile MARCHAL.

                                                     PLUS D'IMAGES:

Certaines parties de l'église étaient mises en valeur par l'éclairage , comme ce tableau. Par ailleurs, un petit guide de l'édifice était à la disposition du public.

Le premier diaporama défila, sur une musique intitulée "Viens Mallika", de Léo Delibes. On aperçoit ici un champ de tournesols photographié à Souzy la Briche.

Les musiciens s'installent, tandis que Nicolas Jacquin (à droite) présente la première pièce de musique: la "Follia" de Corelli.

Pendant l'interprétation de la "Follia".
Odile Jacquin, au clavecin, est cachée.

Sous le beau vitrail moderne de l'église.

Geneviève Dumont prend le relais avec sa "Balade".

Et Isabelle Delcroix-Segundo nous ravit avec trois poèmes japonais , chaque fois sur un fond différent. Ici un champ de coquelicots.

Un soleil levant sur la route de Limours accompagne un second chant.

Vue rapprochée.

La sonate de Bach est ensuite accompagnée par un soleil couchant à Auffargis…

Et c'est devant une vue de la perspective de la pièce d'eau du château du Marais qu'Isabelle interprète un chant de Frescobaldi : "L'aura spira".


C'est le moment d'une pause gourmande proposée par Claire Pescheux (à gauche), présidente d'Amigoville.

Nouveau diaporama sur une pièce musicale  intitulée "Méditation de Thaïs", de Jules Massenet, et Geneviève Dumont revient nous lire son poème préféré, intitulé "Sonate d'un coucher de soleil". En arrière plan , une image en harmonie: un coucher de soleil sur le plateau de Limours.

Suit un second poème sur fond de soleil couchant, intitulé "Crépuscule"..

Et un 3e, "Hommage à Madame la Lune"; en arrière plan, une vue de l'étang de la ferme de la Fillolière, près du château de Breteuil.

Retour au chant, sur fond de soleil couchant où se dessine l'église de Boullay les Troux...

Quant à l'œuvre de Villa-Lobos , chantée avec accompagnement à la guitare, elle aura comme arrière plan un coucher de soleil très rouge aux étangs de Saclay…

Autre vue.

Après une seconde pause conviviale, et  un 3e diaporama, accompagné par "Voiles", de Debussy, c'est devant un champ de blé sous un ciel d'orage que sera jouée la sonate de Karl Friedrich Abel.

"Papillons inconstants", de Rameau, sera magnifiquement chanté devant une vue de Flore, la déesse du printemps prise au château du Saussay.

Retour à Geneviève pour son poème "Pianovent", illustré par un arbre du domaine de Segrez…de même que ses deux derniers poèmes.

Nicolas Jacquin sera à l'orgue pour le choral final de Pachelbel.

C'est cette vue de l'église de Boullay les Troux au soleil couchant qui a été choisie pour accompagner le choral de Pachelbel...

Les organisateurs et participants ont été fort ravis de cette belle soirée.
On aperçoit Michelle Guillaume (en rose à gauche) qui a notamment présenté la soirée, Odile Jacquin (clavecin) -4e en partant de la droite, Claire Pescheux (3e en partant de la droite), et Paul Duquennoy, le technicien en chef , à droite.

. LES IMAGES DU HUREPOIX projetées ce soir là sont visibles sur ce site:



samedi 30 juin 2018

VISITE DE L'EXPOSITION DE L'ARTISTE CONTEMPORAIN PHILIPPE PASQUA AU DOMAINE DE CHAMARANDE.


FACE OFF, de Philippe Pasqua- 2016.

LE DOMAINE DE CHAMARANDE, UN BEL ECRIN POUR UNE EXPO:

Le domaine de Chamarande appartient au département de l'Essonne depuis 1978. Depuis 2001, il est devenu un centre d'art contemporain et de nombreuses expositions y sont organisées.

Le château de style Louis XIII et au premier plan le buffet d'eau du XVIIIe siècle.

Installé dans un parc de 98 hectares, l'actuel château a été construit en 1655 par l'architecte du roi Nicolas de L'Espine pour Pierre Mérault, ancien fermier des gabelles, enrichi et anobli par l'acquisition d'une charge d'écuyer et secrétaire du roi Louis XIV. Certains aménagements interviendront plus tard, notamment au XVIII e siècle.
L'actuel bâtiment, vide de tout ameublement, sert d'écrin à des expositions. Il abrite  aussi notamment les archives départementales.

A LA RENCONTRE DES OEUVRES DE PHILIPPE PASQUA:

Né en 1965, l'artiste a d'abord été peintre, dès l'âge de 18 ans, avant de passer à la sculpture, en général monumentale. Il se signale, nous dit-on, par des œuvres qui "impressionnent, bousculent, dérangent".

Installée au centre du  potager Contant d'Ivry, la première œuvre se présente comme une tête féminine monumentale dont la moitié du visage manque. (Photo: Claude Poirson).

Cette œuvre en bronze, intitulée FACE OFF, fut notre premier choc visuel de l'après midi.

A première vue, la vision que nous propose l'artiste semble morbide.

Il faut lire le panneau informatif apposé à proximité pour saisir ses intentions .

On y apprend qu'il reprend à sa manière l'allégorie classique des vanités: dans la peinture classique, le caractère fragile et éphémère de la vie humaine est souvent symbolisé par un crâne. D'accord.

 Le choix de la peinture noire serait d'ailleurs une référence au plomb "matière associée à la mort dans l'Antiquité". 

Quel sens donner à cette moitié du visage arrachée? L'artiste montrerait "ce qui est socialement refoulé, voire même occulté. L'invisible, le mystérieux est ainsi dévoilé" peut-on lire. Bon.

On apprend aussi qu'est représentée ici une jeune fille trisomique (ce n'était pas évident), et qu'on aurait avec cette œuvre " une mise en scène expressive de la vulnérabilité". OK.

                                        DANS L'ALLEE D'HONNEUR DU CHATEAU:




La 2e œuvre, monumentale elle aussi, est placée dans la perspective de l'allée d'honneur du château.

Elle se présente comme une sorte de requin géant en métal, pendu par la queue à un portique, la gueule, effrayante, est béante. Encore une image de la mort, et donc de la fragilité de la vie? Mais cette fois la mort est vraisemblablement causée par l'intervention humaine. Image de la souffrance aussi. 

Que nous apprend le panneau informatif?
Qu'il s'agit d'un mégalodon, requin préhistorique. Une race disparue. Symbolise-t-il la menace sur la faune marine, (ou plus largement terrestre),  que fait peser  l'intervention humaine, via la pollution par exemple? Il semble bien qu'on puisse l'interpréter ainsi.
Le titre de l'œuvre : "Who should be scared " (Qui doit avoir peur?) livre une clé: qui doit avoir peur? L'homme, devant ce monstre effrayant, ou l'animal, en proie aux effets de l'activité humaine?
Philippe PASQUA, militant écologiste?
Autre détail: la surface miroitante de la sculpture " accentue l'idée du trophée de chasse", nous dit-on.
                                                   UN JEU DE REFLETS FABULEUX:

            Le décor se reflète sur la surface en inox de la sculpture, ce qui crée des effets fabuleux.


                                 Une peinture abstraite? Une oeuvre d'art sur l'oeuvre d'art?

L'allée d'honneur se profile  sur la surface de la sculpture.

Un jeu de formes étonnant.

                  Les visiteurs ne résistent pas à l'envie de réaliser un portrait de groupe original.

                                                             DEVANT LE CHATEAU:



Devant le château, l'artiste nous propose un squelette de tortue géante empêtrée dans un filet de pêche, visiblement cause de sa mort. La mort encore. Le message semble une nouvelle fois écologique: la faune est mise en danger par l'activité humaine.


                                                                  Autre vue.

Le panneau informatif nous apprend  que la sculpture a été moulée en bronze doré sur un squelette de tortue préhistorique. Encore un animal disparu, encore un avertissement donc.
Son titre : SANTA MUERTE, nouvelle référence à la mort, "évoque l'icône du folklore mexicain, personnification de la mort, qui dans ce pays est associé à la protection et à la guérison", nous dit le panneau.
Le fait d'avoir utilisé le bronze doré magnifierait ces ossements, façon de s'opposer pour l'artiste à l'indifférence humaine vis à vis de la disparition des espèces.

Une petite pause à l'ombre des grands arbres du domaine est toujours agréable. (Photo Claude Poirson).

     
                                                            DANS LE CHATEAU:

                                                           Sculptures et installations.


Visiteurs devant l'entrée du château.(Photo: Claude Poirson).

                               

On  découvre à l'intérieur de nombreuses sculptures de verre représentant des méduses, installées dans une sorte de container, le tout se reflétant dans le miroir du fond de la salle.
D'après la notice à disposition, le container serait une benne à ordures représentant la mer.. Encore une image de la Nature maltraitée par l'homme?

                                                         Vue inverse prise depuis le miroir.

L'oeuvre de l'artiste s'appelle : "le chant des Méduses", une référence au chant des sirènes ensorceleurs de la légende. C'est par leur aspect miroitant que les méduses fascineraient l'homme, se montrant tout comme les sirènes à la fois séduisantes et dangereuses.

L'artiste installant les méduses (images d'une revue).


Dans la pièce suivante, une curieuse "installation": une autruche naturalisée debout dans un lit d'enfant, tenant en son bec… un préservatif. 
Interprétation libre...

                                                                  PEINTURES et DESSINS :

 Plusieurs peintures ou dessins de l'artiste couvrent les murs des différentes pièces. Il semble s'intéresser avant tout aux visages et aux corps humains.



Œuvre intitulée: Stéphanie (dessin et peinture).

Une vision de la famille (dessin, peinture, et photographie).

L'Origine du monde version masculine?

Ces visiteurs font une pause bienvenue à l'ombre d'un superbe hêtre pourpre âgé de 150 ans…

                                                      DU COTE DE L'ORANGERIE:


    A l'extérieur de l'orangerie, nous découvrons une sculpture en bois représentant un crâne sur lequel 4 papillons  sont posés. Encore une allégorie de la mort, visiblement, pour nous rappeler la fragilité de la vie? La thématique classique des vanités. Mais quid des papillons? Symboliseraient-ils la fragilité des êtres vivants? C'est confirmé par la petite notice proche, selon laquelle ils représenteraient aussi l'envol de l'âme après la mort. Bon. On apprend aussi que la sculpture a été réalisée avec des poutres de bois récupérées dans de vieilles bâtisses, qui prennent ici une nouvelle vie. Autre info: cette œuvre de 2018 intitulée Sans titre a été brûlée in situ, d'où son aspect charbonneux.

    
                                                   Autre vue, du côté des 4 papillons.
                                                                  
                                                         DANS L'ORANGERIE.

Encore des crânes, posés dans une coupe. Toujours ce thème des vanités, et cette obsession de la mort. 
Nous avons appris qu'il s'agit de vrais crânes, fournis à l'artiste par des anthropologues, auxquels l'artiste a fait subir un traitement: il les a recouverts de cuir tatoué qu'il a ensuite fait brûler…


De vrais crânes? Certains visiteurs se sont montrés plutôt choqués par cette révélation

De part et d'autre de la sculpture, deux portraits des mères des enfants de l'artiste…




UN PETIT TOUR DANS LE DOMAINE:

Une fois l'exposition visitée, une petite balade à travers ce beau domaine du Hurepoix s'impose.

                                                               Le château vu du parc.

               Des colonies d'oies bernaches vivent ici tranquillement dans ce vaste espace naturel.

                                                       On peut s'intéresser aux arbres...

                 Perspective vers le château. A droite, l'île qui aurait été créée par Hubert Robert.

                               La truie sur le dos d'une artiste contemporaine est toujours là.

On admire la Juine merveilleusement verte à force de refléter la végétation alentour.

                                         Retour vers le château après un agréable circuit dans le parc.

  Au passage, on peut découvrir un magnifique platane dit hybride (croisement de platane d'orient et d'occident) âgé de 120 à 150 ans, dont les branches en retombant marcotent.

                                 Dernier regard sur le château  avant de quitter le domaine.

Un coup d'œil au passage sur le buffet d'eau et la cascatelle (XVIIIe). Les sculptures ont été ajoutées en 1913, notamment des copies des statues du parc de Versailles  représentant des fleuves. (Photo: Claude Poirson).

                                                          EN SAVOIR PLUS
                           SUR L'HISTOIRE DU DOMAINE:

Le château a notamment appartenu à d'illustres personnages:

. Pierre Mérault, écuyer et secrétaire de Louis XIV le fait construire en 1655 (il y avait eu deux châteaux antérieurs) et fait tracer un parc à la française.
. Gilbert d'Ornaison, dit "Chamarande" (en raison de son fief du Forez), premier valet de chambre de Louis XIV, l'achète en 1684. Il sera fait comte de Chamarande en 1685, et le village de Bonnes tout proche deviendra Chamarande.
. Louis de Talaru, marquis de Chalmazel, maître d'hôtel de la reine Marie Leszczinska, ajoute notamment l'orangerie, un belvédère, une glacière, la cascatelle, et un jeu de l'oie avec au centre un temple d'Amour. Il rénove les décors intérieurs.
Sous le consulat, la famille de Talaru qui a récupéré le domaine fait redessiner le parc à l'anglaise.
.Suivent plusieurs propriétaires dont le duc de Persigny (1857), ministre de l'Intérieur de Napoléon III. Il organisera à Chamarande une fête pour l'anniversaire de l'Impératrice.
. De 1922 à 1951, le domaine sera un important centre de formation pour les Scouts de France.
. 1978: le département acquiert le domaine.