correspondant agoravox

vendredi 7 septembre 2012

Connaissez-vous GARO? Une visite de son exposition récente à la ferme de La Brosse.Passionnant!

Un privilège offert au public des environs.

Du 1er au 10 juin 2012, Garo , de son vrai nom Charles Garois, peintre pointilliste ou "néo-impressionniste", dont les tableaux sont présents dans divers musées du monde, a exposé une quarantaine de tableaux dans une ancienne grange  à La Brosse , hameau de Janvry (Essonne).

Il offrait ainsi aux habitants du pays de Limours, où il réside et a son atelier, le privilège, sur rendez-vous, d’une découverte commentée par lui-même d’une partie de son œuvre.

L’exposition est terminée, mais il est toujours possible, à condition de constituer un groupe d’une dizaine de personnes, de visiter sur rendez-vous son atelier installé dans la Petite Ferme de Janvry.

Vendredi 8 juin, il a ainsi reçu avec gentillesse , et dans une atmosphère de bonne humeur , bientôt rejoint par sa charmante épouse Stella, un petit groupe où s’était glissé le rédacteur de la Blogazette. D’emblée, Garo s’est déclaré disposé à répondre aux questions que se poseraient ses visiteurs en découvrant ses tableaux. Celles-ci ont vite fusé !

Dans l'exposition de Garo: une visiteuse séduite...

Des sujets variés.

Les quarante tableaux présentés à La Brosse traitaient divers sujets : certains, en petit format surtout, présentaient de délicieux paysages, comme ces nymphéas de Monet : « Monet, mon maître ! » s’est exclamé notre hôte. D’autres présentaient de belles « natures silencieuses » aux couleurs vives : Garo rejette l’expression « nature morte » : « Dire cela alors que nous donnons la vie à nos sujets sur la toile ! », s’indigne-t-il. Un de ses thèmes de prédilection était bien représenté : la danse, celle que l’on découvre sur nos scènes d’opéra. La beauté du corps en mouvement le fascine. Très remarqué aussi un tableau présentant ses deux garçons, alors ados, la tête en bas en pleine démonstration de hip hop !
Certaines photographies exposées rappellent qu’il a beaucoup pratiqué aussi la peinture religieuse , et occasionnellement le portrait : ainsi celui de l’acteur Kirk Douglas , rencontré en 1990 à Cauterets où il était en tournage, tandis que Garo exposait. Sa plus récente source d’inspiration : le carnaval de Venise. Des œuvres éclatantes de couleurs bien sûr. Invité à Venise une semaine à l’occasion de l’entrée dans un musée de la Sérénissime d’une de ses œuvres, il en a profité pour réaliser des esquisses préparatoires sur place.
Tous ces sujets sont traités avec la même technique : le pointillisme.

Le thème de la danse...

Naissance d’un style.

Garo procède en effet par adjonction parfois très ténue de points les uns aux autres ; à une certaine distance, vous pouvez croire que le motif est peint de façon unie, mais approchez-vous : tout est bien réalisé par cette méthode. Il dessine cependant préalablement les contours des sujets.

L’artiste n’a pas toujours peint de cette façon. Ses œuvres ont été d’abord d’une facture classique. « Des œuvres qui sont toutes parties d’ailleurs » révèle-t-il. « Je n’en ai pas même gardé une photographie ! ».

Et puis, tout à coup, en 1988, il décide d’ajouter un point à un autre, puis un autre encore… « C’est venu comme ça !» explique-t-il. Il ignorait tout à l’époque de Seurat ou de Signac, découverts a posteriori, comme les impressionnistes Monet , ou Cross qu’il apprécie particulièrement.

Une référence à Monet...

Une révélation ?
Il venait de se marier. Le type d’événement qui vous change un homme. Il n’est pas loin de penser que les deux faits sont liés , comme le lui a suggéré par la suite un professeur de médecine connu.

Avec cette technique, lui est venu aussi le goût des couleurs très puissantes, presqu’agressives.
« Souvent l’artiste transmet un message avec des couleurs ; ici peut-être, une sorte d’alerte concernant « un danger qui nous guette » », suggère-il, mystique !

Un parcours atypique.

« Je dessinais déjà très bien à la maternelle », explique Garo. C’est à 11 ans qu’il « s’y met » sérieusement , quand on lui offre sa première boîte de peinture à l’huile, une « Paillard ». Il suit , tous les samedis matin pendant quelques mois, avec trois ou quatre autres élèves, les cours d’une « dame » au Liban , où il a passé son adolescence après une enfance à Alep (Syrie). C’est sa seule formation.

A 16 ans, le voici en France, à Issy-les-Moulineaux : il travaille dans la mécanique et l’hydraulique, tout en s’adonnant à son « hobby ». Il fallait bien vivre. Pendant plusieurs années, il peint pour son plaisir, il fait quelques expositions ; il espère bien « percer » un jour.
Il vend ou « place » peu à peu ses œuvres « classiques ».
La « révélation » de 1988 sera cependant décisive.

Une "nature silencieuse"...

« Le Pissarro du XXIe siècle ».

Des commandes prestigieuses viendront bientôt : en 1990, le portrait qu’il réalise de Kirk Douglas, en une semaine, à raison de 18 heures de travail par jour, contribue à sa notoriété ; « vous êtes le Pissarro du XXIe siècle » , s’exclame l’acteur, qui installe l’œuvre dans son musée privé en Amérique .
 Garo met ensuite plusieurs fois son pinceau au service de l’Unesco : pour une campagne en faveur du droit de chaque enfant d’aller à l’école (il existe 800 millions d’illettrés dans le monde) ; sur le thème : « La mère et l’Enfant des tous les pays » en 1998 ; la série « Les 4 saisons inachevées de Vivaldi » sensibilise le public au sort des enfants mutilés par les guerres… Le pape Benoît XVI lui commande une « Résurrection » : « J’ai reçu la 7 e lettre écrite par le pape » dit-il fièrement ! Le tableau est actuellement au Vatican…

Garo et la peinture religieuse.

Peindre des sujets religieux semble avoir toujours été une nécessité intime chez Garo. « J’y suis venu très vite et spontanément : les tableaux s’enchaînaient , je n’en avais pas encore terminé un que j’en commençais un autre », explique-t-il.

Pendant des années, il fait le vœu de ne jamais vendre ses tableaux religieux, de les donner seulement s’il y avait des demandes. Ainsi quand le Pape lui demande une « Résurrection », il la lui offre! C’est un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur : « C’est le sens même de la vie. S’il n’y a pas de résurrection, à quoi ça sert tout ça? ». Montrer la puissance de la résurrection et comment le Christ a vaincu la mort est pour lui comme une mission … On trouve aussi ses tableaux religieux dans de nombreuses églises arméniennes (Garo est d’origine arménienne) , en France et à l'étranger.

L'inspiration religieuse : la Résurrection commandée par Benoît XVI.

Il peint les scènes religieuses en recourant à des modèles: les membres d’un petit groupe avec lequel il a fait un peu de théâtre « travaillent » les scènes pour lui , puis se figent dans la position voulue. Cela va parfois un peu loin : l’un d’eux qui figurait le christ en croix a failli mourir asphyxié. « Reste encore un peu », lui répétait - il , intraitable.

Garo est intarissable quand il s’agit de décrypter pour ses visiteurs les symboles que contiennent ses œuvres religieuses !

Techniques et projets .

En ce qui concerne les paysages, Garo prépare sa toile devant le motif, en réalisant des croquis et en esquissant les couleurs. Puis il termine le travail en atelier. Pour les personnages, il peint donc d’après modèle, sauf exceptions : pour le tableau sur le hip hop, il a pris une photo de ses fils au départ ! On comprend pourquoi… Pour la série sur la danse, il « voit » mentalement les scènes , bien sûr.
Garo met 1 à 6 mois pour réaliser une oeuvre.
"Et il fait plutôt 35 heures en deux jours", plaisante son épouse Stella.

Ses projets ? D’abord terminer plusieurs tableaux esquissés à Venise l’an dernier.

Carnaval de Venise.


Il rêve aussi de faire réaliser en très grand format ses « sculptures picturales » , une de ses inventions récentes. Il détache tel ou tel sujet de certaines toiles, et crée ainsi des sortes de sculptures autonomes. Il voit très bien ces sculptures devenues géantes sur telle place publique. « On m’a dit que c’était techniquement possible. » Belle idée en effet !

Dans l’immédiat, il prépare une grande exposition à Avignon.

Qu’on se le dise !

JMSattonnay.

Pour les visites d'atelier, téléphoner au 0164907336.
Pour voir davantage d'oeuvres de Garo, on peut consulter son site: http://www.garo-web.com/ .

Garo a aussi le souci de transmettre sa technique aux jeunes générations.Voir à ce sujet notre article sur:
http://jmsattoblogazettedesulis.blogspot.com/2012/04/reportages-en-images-en-pays-de-limours.html

 
                                                            *    DES VIDEOS  SUR GARO:

*Présentation de Charles Garo par M. De La Patellière : Directeur du Musée « Paul Delouvrier » à Evry : http://www.youtube.com/watch?v=SgjEe4z75e4

*Le film « Des œuvres de Charles Garo » : http://www.youtube.com/watch?v=edBEMoRY4No

* Voir aussi notre article LE NOUVEAU GARO EST ARRIVE : le peintre briissois change de manière: http://jmsattoblogazettedesulis.blogspot.com/2013/09/peinture-le-nouveau-garo-est-arrive.html
        

Aucun commentaire:

Publier un commentaire