correspondant agoravox

mercredi 24 septembre 2014

A la recherche du vieux BRIIS SOUS FORGES.


                                                                             
                               A LA DECOUVERTE DU VIEUX BRIIS SOUS FORGES.

Les Briissois , mais aussi les curieux de patrimoine venus d'ailleurs, vont avoir désormais un bon outil pour mieux connaître celui de la commune en découverte libre.
A l'occasion des Journées du Patrimoine, Bernard Vera, le maire de Briis sous Forges , a inauguré samedi 20 février un "parcours patrimoine". 12 panneaux explicatifs ont été apposés en autant de points de la ville intéressants sur ce plan. Cette opération a pu être menée à bien grâce aux recherches réalisées par l'association "Les Amis du Vieux Briis"; la Fondation du patrimoine et le Conseil général ont apporté leur soutien à cette réalisation. Outre la mairie , l'église ou la fameuse "tour Anne Bolleyn , une maison du XVIe siècle,  des vestiges de l'ancienne enceinte de Briis, plusieurs fontaines, puits, ou  lavoirs étaient au menu. La modernité n'était pas absente : la récente médiathèque était incluse dans le parcours.
Des maquettes en carton de la mairie, de l'église , de la tour Anne Bolleyn et de la médiathèque ont été présentées . La MJC a proposé aux Briissois, en marge de l'inauguration, des ateliers de construction de ces maquettes dont les éléments avaient été élaborés par une société spécialisée.
Les Briissois accompagnés de leurs élus ont alors  suivi le parcours ainsi mis sur pied , commenté par un membre de l'association Les Amis du vieux Briis. Trois conteuses ont animé ce déplacement en racontant ici et là des histoires plus ou moins en relation avec les sites découverts. JMS.

*Voir aussi notre article dans Le Républicain du 25/9/14.

                                                      LES IMAGES :

                              Cliquer sur les photos pour les agrandir.
                                     
                                      L'inauguration :


Il y avait du monde devant la mairie samedi 20 septembre pour l'inauguration du nouveau "parcours-patrimoine".




La présentation du projet  par le maire , Bernard Vera.


La découverte des maquettes .


Les quatre maquettes.


LE PARCOURS PATRIMOINE :

                                               Cliquer pour agrandir.


La mairie: construite en 1860 , elle comportait aussi à l'origine l'école et était flanquée à gauche du presbytère (remplacé aujourd'hui par la poste). Elle a remplacé un hospice qui avait été installé dans une grande maison dont M. Girard, officier de la duchesse de Bourgogne , avait fait don à la ville au XVIIIe s.



Quittons la mairie par la rue de l'Orme Maillard : déjà le clocher de l'église  se profile , avec ses 39 m de haut ; de forme carrée , il comporte 3 étages et est surmonté de 4 pignons qui indiquent les 4 points cardinaux. Il date du XIIe siècle comme l'indiquent bien ses ouvertures en plein cintre.


L'église Saint-Denis a été construite par les moines de l'abbaye de Saint-Denis : le roi Pépin le Bref en 768 avait fait don de Briis à cette abbaye. Son style correspond à la transition roman-gothique (XIe-XIIe) ; le chœur est de style ogival; au XIIIe une petite chapelle est greffée à la base du clocher ; la nef unique a été très remaniée ; la voûte a été refaite en 1840.


Elle devint un temple protestant sous la seigneurie d'Amos du Texier (fin XVIe - début XVIIe , jusqu'en 1616); elle fut Temple de la Raison puis de l'Etre suprême à la Révolution . Elle a été ensuite rendue au culte catholique.
Le cimetière autrefois était placé sur l'esplanade ci-dessus , près de l'église.


La tour Anne Bolleyn serait un ancien donjon,  dernier vestige d'un  château-fort  dont la construction avait commencé sous le règne de Philippe-Auguste (XIIe-XIIIe s). Anne Bolleyn , future épouse du roi Charles VIII d'Angleterre , y aurait séjourné , car son père Thomas Bolleyn , ambassadeur d'Angleterre en France , était ami avec les Du Moulin , la famille propriétaire d'alors .
C'est Guillaume de Lamoignon qui fait détruire le château - en ruines - en 1792 , à l'exception de quelques éléments dont le donjon. La tour a 30 m de haut et  comporte quatre échauguettes aux angles où se plaçaient des guetteurs. Elle est restaurée en 1885 et transformée en maison d'habitation : de grandes baies sont alors ajoutées , ainsi qu'une tourelle d'escalier permettant d'accéder aux quatre étages . C'est aujourd'hui une demeure privée . L'actuel propriétaire a rénové l'édifice et a notamment ajouté des poivrières sur les tours et tourelles.


Située derrière l'église , rue Anne Bolleyn , cette maison daterait de 1515 (règne de François 1er) .



"Le chemin derrière les murs " : il longe l'ancien mur d'enceinte , renforcé de fossés, qui entourait la cité au XIIe siècle.



La fontaine de Serpy et sa roue ( à l'entrée du chemin de Serpy ) : une des 6 fontaines de Briis -il en reste 4. Celle-ci était construite à proximité de l'ancien moulin de Serpy ,édifié sur la Prédecelle comme les moulins de Mocsouris et de Bécherau. Elle était surélevée à 1m 50 pour faciliter les remplissage des tonnes à eau agricoles.


La fontaine Sainte Croix , elle aussi munie d'une roue pour actionner la pompe (à l'entrée du chemin de Gironde ).Elle se trouvait à proximité de l'église Sainte croix et du couvent construits par des moines venus au XIIe siècle de l'abbaye de  Saint-Magloire à Paris ; ces édifices ont été démolis en 1618.


   Deux petites tourelles de ce type , appartenant à l'ancienne enceinte médiévale , subsistent au bord de l'ancien chemin de ronde de la place-forte. L'enceinte comportait 4 portes flanquées de tours ,les deux dernières tours ont été détruites en 1820.


La fontaine de ville et le lavoir (entrée de la rue Simon de Monfort). Le lavoir (au fond) était à impluvium (le toit était conçu pour diriger l'eau de pluie dans le bassin); un pédiluve (bassin sur plan incliné) permettait de laver les pieds des bêtes.
Cet espace semble être aujourd'hui un lieu de retrouvailles prisé des jeunes de Briis.


Le lavoir et la fontaine Verdureau  (1872). L'ensemble fut légué à la commune  en 1868 par le duc de Padoue , ministre de Napoléon III , et propriétaire de la ferme de Verdureau voisine. Un lavoir moderne fut ensuite construit en 1872. Sa toiture a été démolie en 1970.


La fontaine.



                                                   LES PUITS DE LA RUE PATTON.

                                           Ils sont mitoyens à deux propriétaires différents.


                                             Au n°12 , un premier puits joliment fleuri ...



Un second puits.
Ces deux puits se situent dans une ancienne ferme maraîchère depuis transformée en logements.


Pas de doute , il est profond!


 En entrant sous un porche un peu plus loin , on trouve aussi cet autre puits très entouré de verdure .


Le puits lui-même.


La médiathèque de Briis : construite en 2006 , c'est un bâtiment qui utilise des matériaux innovants permettant à la fois la pénétration de la lumière et une isolation efficace source d'économies d'énergie .


QUELQUES POINTS DE REPERE HISTORIQUES :

* deux abbayes propriétaires de Briis :

- 768 : Pépin le Bref fait don de Briis à l'abbaye de Saint-Denis. Les moines construiront l'église actuelle.
- 1047 : Henri 1er fait don à l'abbaye Saint Magloire nouvellement créée à Paris de l 'église paroissiale de Briis et de  la moitié du village . Vers 1150 , les moines de Saint Magloire construisent une 2e église consacrée à la Saint Croix et un couvent (aujourd'hui disparus).


* Quelques  seigneurs de Briis :

- le chevalier Jean de Briis : son fief dépendait de la chatellenie de Montlhéry.

     - Jacqueline de Trie en 1337 puis son fils Philippe en1371.  

- Jacques et  Morelet de Montmaur  en 1376.

- Denis et Pierre Du Moulin  en 1489 ; même famille jusqu'en 1580.

- Début XVIIe : Amos du Texier , seigneur protestant , d'où des conversions locales ; l'église est vouée au culte protestant jusqu'à sa mort (1616).                                

- 1671 : Guillaume de Lamoignon achète la seigneurie. Elle restera dans sa famille jusqu'en 1775.

-1794 : Guillaume Joseph Dupleix de Bacquemont  , guillotiné en 1794.







lundi 15 septembre 2014

Les conférences du Marais : UN TALLEYRAND DANS LA GRANDE GUERRE.

Louis de Talleyrand -Périgord , acteur et témoin de la Grande guerre.

Pour la dernière conférence de la saison au château du Marais , dimanche 14 septembre , le sujet proposé , en ces temps de commémoration de la guerre 14-18 , était d'actualité : le conférencier Eric Mension - Rigau , historien, assisté de Georges Lefaivre , de l'association des Amis de Talleyrand , qui projetait de précieux documents iconographiques , ont évoqué la figure de Louis de Talleyrand-Périgord , duc de Montmorency , à la fois acteur et témoin de la Grande guerre ; il a en effet  fait part de ce qu'il a vécu et vu au cours de cette période tragique dans ses Mémoires.

Qui était-il ?

Louis de Talleyrand -Périgord , né en 1865,   était , comme les familles actuellement propriétaires du Marais , le descendant d'Edmond , neveu de Talleyrand et de Dorothée , fille du duc de Courlande (partie de l'actuelle Lettonie) ; très exactement il était le cousin germain d'Hélie de Talleyrand - Périgord , le grand-père d'Anna de Bagneux , propriétaire du Marais  , qui est l'initiatrice des conférences qui s'y déroulent chaque mois . Pourquoi ce titre supplémentaire de "duc de Montmorency"? Son père , Adalbert de Talleyrand-Périgord , avait obtenu de Napoléon III , en 1864,

 
Louis de Talleyrand-Périgord , dernier duc de Montmorency.

le droit de reprendre ce titre , le dernier duc de Montmorency étant mort quelque temps plus tôt. Il descendait bien des Montmorency par les femmes , mais cette décision donna lieu à de vives contestations et même à un procès car d'autres auraient pu prétendre à ce titre.
Sa mère Carme Aguado , d'origine espagnole , était morte à 33 ans de phtisie.
Il s'est marié trois fois , d'abord à Anne de Rohan -Chabot , morte prématurément , puis en 1917 à Cecilia Ulman , veuve d'un M. Blumenthal disparu en mer ; après sa mort il attendra 1950 pour épouser Ida Lefaivre , une nièce du côté de sa famille maternelle. Il meurt un an après.

Un Talleyrand dans la guerre...

Louis de Talleyrand-Périgord avait effectué son service militaire en 1886-87 dans le 12e régiment de chasseur à cheval. Au début de la guerre , il était capitaine de dragons. Pendant la guerre , il reçoit la mission d'accompagner la 4e division d'infanterie anglaise  comme officier de liaison - l'obstacle de la langue était un problème entre alliés , il fallait donc des officiers pour résoudre la difficulté. Jusqu'en 1915 , il sera au front avec cette unité , en première ligne , car "quelqu'un qui porte un grand nom se doit d'être au premier rang" , selon lui . Eric Mension -Rigau , cartes à l'appui , nous a fait suivre 

 
Eric Mension - Rigau pendant sa conférence.

l'évolution de ses déplacements sur le front , en fonction des aléas de la guerre. A Cateau-Cambrésis , il découvre la "guerre moderne" , celle qui tue en masse ; il assiste à l'exode sur les routes d'une multitude de gens fuyant le feu; il est aux abords de  la bataille de Charleroi , en aout 14 , où 40 000 soldats trouveront la mort en 3 jours; son baptême du feu a lieu le 25 août. Après l'ordre de repli de Joffre , il est sur la ligne de front de la bataille de la Marne (qui fait un million de morts de chaque côté) ; en 1915 , il est à la bataille de l'Yser , en Belgique , où 24 000 anglais seront tués , ainsi que 80°/° des soldats allemands ; en décembre 1915 , il sera sur le font de la Somme comme officier d'ordonnance auprès d'un général ; il est là lors des affrontements meurtriers de juillet à octobre 1916 ; il fit en 1917 la marche en avant jusqu’à SAINT-QUENTIN, en suivant le repli Allemand sur la ligne HINDENBURG ... Ce n'est qu'en  juillet 1917 que malade , épuisé , il est malgré lui retiré du front et finit la guerre comme adjoint au commandant d'armes de plusieurs portes de Paris.
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Son témoignage .

Constamment au premier rang de ces événements tragiques , il témoigne de ce à quoi il a assisté : l'enthousiasme des soldats en août 1914 , entonnant des chants patriotiques , dans les trains qui les amenaient au front ; il est le témoin de l'exode des civils , de ce qu'endurent les soldats dans les tranchées, de la mort en masse des troupes des deux côtés ; et malgré tout cela de leur courage et de leur détermination : "Ne vous inquiétez pas , mon capitaine , on les aura ! " lui dit un jour un simple soldat. Il compare aussi les états d'esprit des soldats anglais et français dans la guerre , et nous renseigne sur le comportement des aristocrates en ces circonstances difficiles.

 
Georges Lefaivre nous présente ici un des trois sabres de Louis de T P conservés dans la famille.

 Il est décoré de la croix de guerre avec palmes en 1917, et de la Military Cross ; il est fait chevalier de la légion d’honneur à titre militaire en 1919.
Faute de descendants , il sera le dernier duc de Montmorency.

JMS - un reportage de la Blogazette.

                                                                DOCUMENTS :

 
Adalbert , son père.


                                                                         Sa mère.

 
Louis enfant.

 
 

                                                        Sa 2e épouse , Cécilia Ulman .

 

                                                                Autre photographie.