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samedi 30 août 2014

Sur les traces de la RENARDE en Essonne : trois circuits pédestres pleins d'agréables surprises.

Une incitation à la découverte.
Le conseil général de l'Essonne a produit une petite carte intitulée "Sur les traces de la Renarde "pour inciter les amateurs de randonnées à découvrir... la vallée de la Renarde , petite rivière qui a creusé son chemin dans une zone située aujourd'hui entre Saint-Chéron et la nationale 20 dans l'Essonne.
Les parcours proposés sont plutôt bien balisés , même si dans les villages il faut un peu chercher pour trouver les départs de chemins.


                               Entre Saint-Chéron et la nationale 20. (doc. du conseil général)

Le réseau de chemins est assez vaste , et ne peut être parcouru en une fois , sauf pour les sportifs de compétition! A chacun à partir de cette carte de choisir tel ou tel circuit partiel.
On peut se procurer cette carte dans tous les lieux touristiques de l'Essonne et certains lieux publics ( mairies, médiathèques par exemple ...).

Nous avons testé pour vous  successivement trois parcours différents :

- un circuit SOUZY LA BRICHE - SAINT-SULPICE DE FAVIERES - MAUCHAMPS - SOUZY LA BRICHE (durée: 4h).
- un circuit  SOUZY LA BRICHE - VILLECONIN - SAUDREVILLE - SOUZY LA BRICHE (durée : 5 h).
- un circuit  BOISSY-SOUS-SAINT-YON - ST YON - BREUX-JOUY - ST SULPICE DE FAVIERES - BOISSY-SOUS-SAINT- YON (durée 4 à 5h).

*Circuit n°1 : SOUZY LA BRICHE - SAINT- SULPICE DE FAVIERES - MAUCHAMPS- SOUZY LA BRICHE:

.Le départ se fait au parking proche de l'ancien lavoir. La première curiosité est l'ancien lavoir , joliment fleuri par la municipalité; un petit parc a même été aménagé à ses abords.


Souzy : l'ancien lavoir.

.Il faut ensuite marcher un peu sur la route qui prend à gauche du lavoir pour trouver le chemin pédestre un peu plus loin. Ce chemin , parallèle à la Renarde, traverse ensuite une zone boisée ; il est souvent boueux et même glissant par temps humide , il convient d'en tenir compte. La carte signale l'existence de trois anciens moulins sont signalés sur le cours de la Renarde. On ne peut que deviner la présence des deux premiers . En revanche , on peut approcher du troisième , superbe et visiblement bien restauré , qui a encore sa roue.

Moulin sur la Renarde . La roue est toujours en place.

.Le chemin débouche sur une petite route : il faut la suivre vers la droite; on passe devant la ferme de Rimoron , située sur la commune de Breux-Jouy : sa structure est traditionnelle ( les bâtiments sont répartis autour d'une cour carrée); elle a conservé la passerelle en bois , au dessus du porche, qui relie les greniers. A gauche , est installé un centre équestre. De là , on a une très belle vue sur une zone vallonnée . Un peu plus loin , on passe devant l'ancien moulin de la Briche (demeure privée) ,puis près  une seconde ferme au sommet de la côte.


La ferme de Rimoron.

Il faut poursuivre un temps sur la route pour parvenir à Saint-Sulpice de Favières.
. Le village de Saint Sulpice de Favières est charmant. Sa monumentale église gothique ,voulue par Saint-Louis, est une église de pélerinage internationalement connue ; ses larges ouvertures lui assurent une remarquable luminosité. Au pied de l'église s'ouvre le parc du château de Segrez (privé) ; au XIXe siècle , le botaniste Alphonse Lavallée y a créé un arboretum fameux . Cet arboretum  peut être visité sur rendez-vous , ce qui permet aussi d'approcher le château du XVIIIes , qui fut notamment habité par le marquis d'Argenson , ministre de Louis XV. En automne, l'arboretum est un festival de couleurs.
                                                         

L'église de Saint-Sulpice de Favières.
. A la sortie du village en direction de Mauchamps, prendre une rue à droite qui rejoint la suite du chemin de randonnée (tourner alors à gauche). Le chemin va nous faire grimper dans un bois et déboucher sur le plateau. C'est alors une zone de vastes espaces découverts que nous traversons : nous laissons bientôt sur notre gauche le village de Mauchamps (on peut jeter un coup d'œil à son église) et nous poursuivons longuement jusqu'à la ferme des Emondants , qui surplombe Souzy la Briche. Derrière la ferme , un chemin nous fait descendre droit sur Souzy.


Souzy la Briche : la ferme des Emondants.

* Circuit n° 2 : SOUZY LA BRICHE - VILLECONIN - SAUDREVILLE - SOUZY LA BRICHE.
. Là encore , on part du parking proche de l'ancien lavoir, à Souzy.
Revenir à la route de St Chéron , que l'on prend à droite : on passe bientôt devant le portail du château , qui fut une résidence de la présidence de la République (F.Mitterrand y abrita ses week-ends avec Anne Pingeot et Mazarine , sa fille cachée ) , et qui maintenant est dévolue au 1er ministre.


Devant le château de Souzy la Briche.

. On peut monter admirer la charmante église , récente mais réalisée en style roman , avant de redescendre et de prendre à droite le chemin qui longe le mur du château. On tourne ensuite à gauche sur un chemin qui croise le premier.

Souzy la Briche: l'église.

. Au fil du chemin , on a quelques beaux dégagements en direction du vallon. A l'approche de Ville conin , on découvre , enfouies sous la végétation , les ruines du donjon du château de La Grange , construit au XIIIe siècle. Il a été laissé à l'abandon au XIXe et est peu à peu tombé en ruines.


L'église Saint-Aubin à Villeconin.

. Au bout du chemin , on prend à droite  dans Villeconin jusqu'au centre du village. On découvre , au milieu d'une jolie place , l'église St Aubin , construite au XIIe s et remaniée au XVe . En face , on aperçoit depuis le portail du parc le château médiéval de Villeconin (XIVe - remanié au XVIIe). Il devint une exploitation agricole entre la Révolution et 1932 , date où il fut acquis par le comte de Jouvencel. C'est une  propriété privée donc, mais elle se visite en été et durant l'année sur rendez-vous pour les groupes.
                                                      

Château médiéval de Villeconin.

. A la sortie de Villeconin en direction  de Boissy , on prend un chemin à droite qui va nous mener sur les hauteurs de Fourchainville. En surplomb de ce village , une belle vue se dégage ; sur la colline d'en face , on aperçoit un vaste château tout rose qui semble enfoui dans les arbres : c'est le château de Saudreville (XVIIe): il a été construit par Pierre de Rotrou , secrétaire du roi et frère du célèbre dramaturge Jean de Rotrou.
                                                         

Un grand château rose au milieu des arbres.

. Le chemin nous entraîne ensuite au creux du vallon , puis à l'assaut de l'autre versant : si l'on se retourne , on a une belle vue , s'il fait beau , sur le vallon où se niche le village de Fourchainville. Le chemin rejoint ensuite la route qui grimpe jusqu'au hameau de Saudreville. Là on a le plaisir de découvrir de nouveau , de plus près , le château au bout de son allée d'honneur. En face , une grande ferme (celle du château sans doute) se mire dans son étang.


La ferme de Saudreville.

. Le chemin nous entraîne alors sur le plateau , et nous rejoignons la ferme des Emondants. Derrière la ferme , un chemin part tout droit en direction de Souzy la Briche notre point de départ.


 * Circuit n° 3: BOISSY-SOUS-SAINT-YON - ST YON - BREUX-JOUY - ST SULPICE DE FAVIERES - BOISSY-SOUS-SAINT- YON.
* On peut partir du parking situé en face de la mairie de Boissy sous Saint-Yon.
On admirera d'abord la pimpante mairie et son clocheton comportant une horloge : construite en 1855 , elle servait aussi d'école et la place de la mairie actuelle tait la cour de récréation... Tout près


La mairie.

se dresse la silhouette élancée de l'église Saint Thomas Beckett , ainsi nommée dit-on en raison du passage à Boissy au XIIIe siècle de l'évêque de Canterbury; elle date du XVe .Suivons la rue qui passe à gauche de l'église : tout près , sur la gauche , apparaît le portail d'un château ; un coup d'œil indiscret à travers ce portail nous fait découvrir en effet un beau bâtiment sans doute du XVIIe ou du XVIII e siècle ,l'époque  faste du village de Boissy.. Nous n'avons aucune information sur ce domaine privé.

* Revenons en arrière , dépassons la place de la mairie  : à la sortie du village  en direction de Saint Yon , nous découvrons ce qui reste de la ferme des Tourelles (encore en activité) : Elle faisait partie


                                                                La ferme des Tourelles.

 du domaine des Tourelles , appartenant aux seigneurs de Boissy , comprenant un "hotel" ( logis seigneurial ou château) , une ferme , une métairie et  les terres alentour. Les bâtiments actuels datent du XVIe siècle. A gauche de la ferme , le logis d'habitation , qui a tout d'un château , est toujours là.

* Rebroussons chemin en direction de l'église : après la place de la mairie , nous prenons à gauche une rue  qui bientôt nous amène devant le manoir de la Courbette , construit au XVIIIe siècle , aujourd' hui centre hippique et de réception très actif. Au bout de la rue , nous trouvons sur la gauche l'amorce du chemin de randonnée qui va nous mener à Saint-Yon.


Le manoir de la Courbette.

* Le chemin de randonnée balisé en jaune nous dirige vers l'est à travers champs, puis oblique au nord : après avoir traversé la route de Boissy à Saint-Yon , on se retrouve sur l'ancien " chemin de procession"  qui va nous faire grimper à travers bois jusqu'à l'église de Saint -Yon édifiée au sommet d'une butte où le village à l'origine était installé ; il était alors entouré d'une enceinte : il n'en reste que la porte Bourdeau , située à deux pas de l'église. L'église primitive (XIIe siècle) a été ravagée par les guerres . Il n'en reste que le portail. Elle a été reconstruite au XVIIe siècle et fortement remaniée


L'église de Saint-Yon , au sommet d'une butte.

au XIXe. Depuis l'église , on aperçoit un grand château blanc au toit d'ardoise ,demeure privée ,datant certainement du XIXe siècle. Quelques maisons anciennes , parfois transformées en résidences secondaires , sont à remarquer.

* Par la porte Bourdeau , nous descendons ensuite sur un chemin qui dégringole à travers bois. Nous  débouchons bientôt dans un quartier périphérique de Saint -Yon , proche de Breux-Jouy , notre but. Il faut suivre , à droite , la route et continuer en se guidant avec  le balisage jaune. Nous traversons la route qui va vers Villeconin , et là nous surplombons le village de Breux-Jouy , groupé autour de son église au creux de la vallée de la Renarde qui le traverse.

                                           Le village de Breux-Jouy , au creux de la vallée.

* On descend ensuite par la petite route qui mène au village. Sur notre gauche , nous découvrons un bel ensemble de bâtiments : c'est l'ancien moulin de Breux , qui malgré son nom et sa situation est sur la commune de Saint-Yon . Il y avait déjà un moulin sur place au XIVe siècle , la construction actuelle  est du XVII e. Son activité a cessé en 1930. En 1980 , il a été restauré et divisé en appartements. On passe ensuite sur un pont qui franchit la Renarde. L'église un peu plus loin est


L'ancien moulin de Breux.

encastrée entre les maisons . Elle date du XIIe siècle et a été remaniée au XIVe. Son clocher en bâtière et son chevet à fond plat sont caractéristiques du Hurepoix. Le bras gauche du transept a disparu.

* Au bout de la rue qui traverse le village via le petit pont , prendre à gauche . On trouve bientôt sur la droite l'amorce d'un chemin qui passe à gauche du cimetière. Ce chemin va nous faire parcourir une belle campagne sur le plateau surplombant la rive gauche de la Renarde dont on devine le cours grâce à une alignée d'arbres courant au fond du vallon. Il suffit de suivre le balisage pour ne pas


Sur le chemin de randonnée.

s'égarer. On a une vue dégagée sur  l'autre flanc de la vallée ,occupé par les premières maisons de Saint-Yon puis une zone boisée .¨On verra bientôt émerger des arbres le sommet de l'église de Saint-Sulpice de Favières , ou encore d'un imposant et mystérieux château.


Tout à coup , émergeant des bois , l'église de Saint-Sulpice de Favières...

On croisera bientôt de beaux chevaux au pâturage . Un centre équestre n'est pas loin. Le chemin débouche sur une petite route qui dévale la pente de la vallée et remonte de l'autre côté. Au passage ,on croise la ferme de Rimoron et le moulin de la Briche (voir circuit 1). Elle nous mènera à Saint-Sulpice (voir circuit 1).

* Depuis Saint-Sulpice  on peut revenir à Boissy sous Saint- Yon par Mauchamps. Nous avons choisi de revenir par Saint-Yon , en prenant un chemin qui part à gauche du domaine de Segrez quand on tourne le dos à l'église , longe le parc du château et finit par grimper dans le bois vers le sommet de la butte de Saint -Yon. Puis on reprend à l'envers le chemin qui mène à Boissy.


Sur le chemin de Saint-Yon à Boissy à la lumière du soir.

De belles balades et beaucoup d'intéressantes découvertes.











                                                                              









dimanche 18 mai 2014

Sur les pas d'Alphonse Daudet à CHAMPROSAY - commune de Draveil (Essonne) .


Daudet en Seine et Oise?

Saviez-vous que l'auteur des Lettres de mon moulin a dans la majeure partie de sa vie habité Paris ? Et qu'il est venu passer pendant 30 ans tous les étés à CHAMPROSAY , hameau de Draveil , de 1867 à  1896 ? Et qu'il y a écrit une grande partie de son œuvre?

C'est à la suite de son mariage avec Julia Allard , dont le grand-père était maire de la ville voisine de Vigneux , qu'il découvre ce coin de Seine et Oise (aujourd'hui en Essonne) situé entre la Seine et la forêt de Sénart , et en tombe définitivement  amoureux. De nombreux bourgeois parisiens y avaient déjà construit leur "maison de campagne" , et le site attira aussi beaucoup d'artistes. Il était bien relié à la capitale par le chemin de fer : on descendait à la gare de Ris-Orangis , on traversait le pont Aguado qui franchissait la Seine (un pont moderne l'a remplacé aujourd'hui), et on grimpait la côte menant tout droit à Champrosay, de préférence en calèche...

Ci dessous : Alphonse DAUDET jeune.
                                         
Les résidences successives des Daudet à Champrosay.

En janvier 1867 , Daudet épouse, donc, Julia Allard : ils vont aller passer l'été  au château de Vigneux , propriété de Jacques Navois ,son grand-père, décédé l'année précédente , et qui avait été maire de la commune.
Le château est rapidement mis en vente ,car aucun des héritiers n'avait les moyens de l'entretenir. L'acquéreur , un entrepreneur de travaux publics , fera démolir ce château du XVIe reconstruit au XVIIIe siècle. A la place, il fera édifier une grande villa "semblable à un casino" comme le dira Léon Daudet , un des fils de notre écrivain.

Les Allard louent alors, comme résidence d'été, en 1868, pour trois ans , au 11 de la rue Alphonse Daudet actuelle ( à l'époque la route de Corbeil) , l'ancienne maison de campagne de Delacroix à Champrosay. Le jeune couple va dormir dans l'ancien atelier du peintre, et les Allard occupent l'appartement voisin.

En juillet 1970 , les Allard acquièrent une grande maison blanche située en haut de la côte qui mène de la gare de Ris à Champrosay : Alphonse et  son épouse investissent le 2e étage. Ce sera leur résidence d'été pendant 17 ans... Elle existe encore aujourd'hui , au 22 rue Alphonse Daudet : elle est visiblement à l'abandon , et dans un plutôt triste état !

Mais la famille Daudet s'est agrandie : trois enfants sont nés : Léon , en 1867, Lucien en 1878 , Edmée en 1886; la maison des grands parents ne suffit plus : Alphonse , à qui le succès littéraire a souri , a les moyens d'acquérir à son tour une résidence d'été. C'est fait le 6 avril 1887. La maison est vaste , et le terrain de 6 hectares descend jusqu'à la Seine. De la terrasse située à l'arrière ,on aperçoit le fleuve et les coteaux de Ris-Orangis. Alphonse Daudet y viendra en villégiature en famille pendant

 
La maison de Daudet aujourd'hui : elle est encore un piètre état ; on la rénove progressivement.

 dix ans ,jusqu'à sa mort en 1896. La "maison de DAUDET" existe encore , au 35 de la rue qui porte son nom. C'est toujours une résidence privée , en cours de rénovation. Mais sa propriétaire y  organise, avec une association, des animations pour des groupes autour de la figure d'Alphonse Daudet , et y héberge des "artistes en résidence". C'est aussi un lieu de rencontres artistiques autour du  conte. La nature a repris ses droits dans l'ancien parc de la maison , on peut espérer qu'un jour  le site sera entièrement reconstitué ...

La vie à Champrosay.

Daudet aimait aller canoter sur la Seine et sur l'Orge ; on allait en automne chercher des champignons  ou ramasser des châtaignes dans la forêt de Sénart toute proche...
Il aime aussi se promener dans son parc , et se réfugie parfois dans un petit pavillon hexagonal ,ou dans un petit bâtiment qu'il nomme "l'isba", qui s'y trouvent.

Notre écrivain travaillait beaucoup aussi , en collaboration d'ailleurs étroite avec Julia, son épouse.
Il achèvera à Champrosay "Le petit Chose". Il y travaille ses meilleures œuvres: Numa Roumestan , Les Contes du Lundi, Jack, Fromont jeune et  Risler aîné .... Dans une œuvre comme La petite paroisse, il évoquera même lieux et gens de Champrosay :il y parle par exemple de la petite chapelle Sainte-Hélène toute proche, dite "chapelle du bon cocu", car elle avait été élevée par un certain Napoléon Quantinet , à la mémoire de sa femme décédée , dont il avait pardonné l'infidélité . La plaque est encore visible; ou il évoque ces "passages de charrettes, de voitures, d'hommes et de bêtes, routiers, bergers , maraîchers, camelots "  qu'il observait de sa fenêtre ...
Il reçoit aussi des amis , comme Edmond de Goncourt , qui a sa chambre à Champrosay , et qui y mourra d'ailleurs en 1897. Il leur fait volontiers visiter la région...
Et pendant une vingtaine d'années , la résidence des Daudet , surtout la dernière, sera un vrai centre littéraire et artistique. Les "jeudis de Champrosay" ont accueilli par exemple Leconte de Lisle, Huysmans, Tourguéniev, Maupassant, Théodore de Banville, Sully-Prudhomme, Emile Zola, Marcel Proust, Pierre Loti, Frédéric Mistral, Rosny Aîné, François Coppée, le photographe Nadar (Félix Tournachon), les musiciens  Jules Massenet,  Reynaldo Hahn, le peintre Whistler, le sculpteur  Auguste Rodin ...

 
La chapelle du bon cocu est toujours là...rue Alphonse Daudet.
 
Les dernières années à Champrosay , Daudet était très malade , marchait difficilement. Il pouvait rester de longues heures assis à contempler la vue que l'on avait de la terrasse ; il parcourait quand même le parc soutenu par son ami Edmond de Goncourt...

On peut , après avoir fait un tour dans le quartier "sur les pas de Daudet" , être accueillis, si l'on forme un groupe , par "La Maison Daudet" qui vous proposera une animation centrée sur la vie de l'écrivain à Champrosay.

Tous renseignements sur son site : www.maison-alphonse-daudet.com
adresse mail : maison.daudet@laposte.net

JMS
                                                    D'AUTRES IMAGES :

 
La gare de Ris au XIXe siècle. Le bâtiment est toujours là.

 
La côte de Ris à Champrosay à l'époque de Daudet et la "maison du haut de la côte".


 
La côte de Ris à Champrosay aujourd'hui.

 
La maison  du haut de la côte , acquise par les Allard . Eux et les Daudet y séjournent l'été de 1870 à 1887; elle aussi est en piètre état et semble abandonnée...
 
 
L'ancienne maison de Delacroix , où la famille Allard - Daudet passa trois étés (11-13 rue A. Daudet).
 
 
Un grand nombre de ces belles maisons de campagne bourgeoises du XIXe semblent à l'abandon , comme celle-ci , proche de la maison Daudet.
 
 
Les bords de Seine à Champrosay autrefois.
 
 
 
Lucien.

 
Léon.
 
 
 Daudet et sa fille Edmée par Eugène Carrière.
                                                                    Images internet.








samedi 17 mai 2014

Le château du Tertre à AMBRIERES-LES-VALLEES (Mayenne). Un architecte célèbre et une incroyable histoire familiale !

 Mon arrière grand-père était  le jardinier d'un château  d'Ambrières, il y emmenait ma mère enfant quand il allait y travailler... Ma recherche de ce château m'en a fait découvrir de belles!
                     
                        Un élément majeur du patrimoine local , conçu par Viollet-le-Duc.

Le château du Tertre est un élément de patrimoine notable d'Ambrières Les Vallées , anciennement Ambrières le Grand, . Quel touriste de passage n'achètera pas une de ces cartes postales représentatives de la petite cité centrées sur l'image de ce château. Il fait donc partie de l'identité d'Ambrières.

Cette carte postale ancienne le signale comme un élément notable du patrimoine local.

Autre particularité qui retient l'attention : c'est Viollet-le-Duc lui même qui l'a conçu! Il a pu connaître le site et son propriétaire  , le très riche rentier Auguste Griois ,fils d'un important notaire parisien, lors de ses tournées dans la région en tant qu'inspecteur des monuments diocésains. Il l'a trouvé propice  à la réalisation d' un tel projet : il a alors imaginé l'édifice, l'a dessiné , et en 1872 l'a fait réaliser  par son gendre Maurice Oradou pour son propriétaire privé . Son vestibule d'entrée soutenu par des colonnes de granit est paraît-il superbe !

Le "nid familial" de la famille Koch- Foccart (2e moitié du XIXe s).

Le troisième aspect qui retient l'attention , c'est l'identité de la famille propriétaire : c'est dans ce château en effet qu'est né le 31 août 1913 Jacques Foccart , le célèbre et controversé homme de confiance du général de Gaulle , secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974 , et le père de la "Françafrique" . Pierre Péan , dans son livre "L'Homme de l'ombre" (Editions Fayard) consacré à ce personnage , nous donne de nombreuses informations sur la famille Foccart , propriétaire du château. Auguste Griois , le commanditaire du château, avait pris sous sa protection dès 1850 Victoire-Frédérique Foccart , épouse de Louis-Guillaume Koch , un huissier alsacien , ainsi que le fils du couple Louis Koch-Foccart né en 1839 à Brumath , bourgade


La Varenne à Ambrières et la mairie , ancien "château Sillard" , qui surplombe la rivière.

 proche du duché de Bade . En 1872 , il régularise leur  situation en épousant Victoire-Frédérique Foccart. Le père légal du jeune Louis était décédé entre temps à Marseille, en 1866. Auguste Griois peu après son arrivée à Ambrières devient adjoint au maire et  un notable local influent. Il finira par être le maire de la commune de 1870 à 1876 . Il fera de Louis Koch - Foccart , qu'il traite comme son fils, le légataire universel de son immense fortune. Celui-ci  héritera donc notamment du château du Tertre et mènera sa vie à Ambrières ; il se rendra souvent aussi dans la villa Auguste à Monaco héritée aussi d'Auguste Griois et  il y mourra le  12 mars 1916.

Entre temps , Louis Koch- Foccart , qui avait épousé en 1866 une Marie-Frédérique Masson,  avait fondé une nombreuse famille , au château du Tertre , composée de  Louis-Auguste , né en 1867, Guillaume  en 1869 (mais mort trois mois après) , Marie-Claudine en 1870 , qui sera nonne à Laval,  Suzanne en 71, qui sera abbesse à Laval , Marguerite en 73, Marie-Pierre en 74 , qui deviendra prêtre et secrétaire particulier de l'évêque de Monaco, un autre Guillaume en 76 - le père de Jacques Foccart-, et Ignace-Joseph en 1882. En cette fin du XIX e siècle , le château  était donc un vrai "nid familial". Quand  à Louis (ou Guillaume-Louis selon les sources), il fut lui aussi maire d'Ambrières de 1884 à 1895.

La situation dans la première moitié du XXe siècle.

La documentation manque en ce qui concerne la période suivante , la première moitié du XXe siècle. On peut certes être assuré que jusqu'en 1916 , Louis Koch-Foccart est resté le maître de maison , même s'il rejoignait souvent sa propriété de Monaco. Il est probable que les membres de la famille entrés en religion, Marie-Claudine , Suzanne , et Marie-Pierre n'ont eu  qu'une présence intermittente dans les lieux. Le  fils aîné de Louis , Louis -Auguste , marié en 1892 avec Gabrielle Brochard , dont il a eu deux filles , Germaine née en 1894 , et Suzanne , née en 1897 , avait sans doute quitté Le Tertre assez vite après son mariage; en 1906 , c'est sûr , il était  installé dans un autre château  édifié en centre-ville d'Ambrières sur le site de l'ancien château médiéval (où se trouve l'actuelle mairie); mais en 1911 , il a déménagé; est-il resté à Ambrières? On peut le penser car il a été a été conseiller municipal assez longtemps .On le retrouve par exemple en 1921 et en 1926 installé avec sa famille et deux domestiques rue de la Gare. Germaine se mariera en 1921, à l'âge de 27 ans, et Suzanne en 1927 , à 30 ans.  Quid de Marguerite , qui  se mariera mais n'aura pas d'enfants, ou encore d'Ignace-Joseph , dont on ne sait rien? 

Jacques Foccart , le M. Afrique du général de Gaulle , est né au château du Tertre et y a passé l'essentiel de son enfance et son adolescence. 
  
Reste Guillaume , le père de Jacques Foccart : lui est parti très tôt à l'aventure , en Guadeloupe, a acheté une grande propriété là-bas en 1899 , qu'il a fait prospérer , et s'est marié en 1906 à Elmire de Courtemanche de la Clémandière , une créole. Il est aussi devenu dans l'île maire de Courbeyre , et le restera de 1908 à 1921. Il sera de plus consul de la principauté de Monaco à la Guadeloupe. Mais en août 1913 , Guillaume et son épouse sont présents au château du Tertre à l'occasion d'une réunion de famille , et c'est ainsi que Jacques y naît. Son père et sa mère repartent en Guadeloupe , et Jacques reste au château du Tertre pendant 3 ans ; ses parents reviennent à Ambrières en 1916 à la mort de Louis Koch- Foccart , et ils retourneront alors avec l'enfant à la Guadeloupe. Guillaume et sa famille sont donc pratiquement absents du château pendant toutes ces années. Mais en juin 1919 , toute la famille est de retour définitivement au château du Tertre .Guillaume a revendu ses propriétés de Guadeloupe. Il est avéré alors que le nouveau maître des lieux est Guillaume  et que le château du Tertre  est sa demeure familiale et sera désormais le cadre de l'enfance et de l'adolescence de Jacques Foccart. Il fut élève du Lycée de l'Immaculée conception à Laval d'avril 1921 à avril 1935. Il semble qu'il ait perdu son père, Guillaume,  dès 1925.
         
 Suzanne Foccart , l'ex abbesse de Laval, pour sa part, s'est réfugiée à L'Ile-aux-Moines où elle meurt elle aussi en 1925. Tout ce que l'on sait d'autre est que Jacques Foccart et sa famille resteront propriétaires des lieux jusqu'en 1940  , que le château restera vide jusqu'en 1950 ; il  deviendra alors une maison de redressement pour garçons gérée par le ministère de la Justice , qui modifiera de façon peu heureuse l'architecture du château . En 1980, il est transformé en maison de vacances par le groupe FORGET, et racheté en 1991 par le groupe touristique anglais PGL.

                                               Une ascendance prestigieuse  de la famille ?

Toutes sortes de rumeurs et soupçons ont été émis concernant la famille propriétaire du château du Tertre.
Pierre Péan, dans " L'Homme de l'ombre" , consacré à Jacques Foccart , s'y est intéressé.
On a cru pouvoir établir par exemple que son grand-père Guillaume-Louis (qui se fait appeler Louis) , le fils adopté du rentier Griois, serait le fils naturel de Marie , fille du grand duc de Bade , état limitrophe de l'Alsace d'où est originaire la famille Koch-Foccard.

En effet, en 1964, le directeur des archives de Laval est chargé d'enquêter sur la filiation de Jacques Foccart par le préfet de la Mayenne sur ordre de Roger Frey, le ministre de l'intérieur de De Gaulle , qui avait été alerté par certaines rumeurs , et souhaitait les vérifier; or cet archiviste découvre une étrange mention sur un document de la principauté concernant Louis Koch-Foccart , mort en 1916 dans sa propriété de Monaco : s'il indique bien que Louis  est le fils de l'huissier Koch  , en revanche , ce n'est pas Victoire -Frédérique Foccart qui est désignée comme sa  mère , mais une mystérieuse S A R ... Ces initiales ne peuvent que  signifier "son altesse royale" et désigner soit une princesse de Monaco, soit une princesse alliée à la famille. On remonte bientôt à Marie de Bade , fille du grand duc et de Stéphanie de Beauharnais , qui, encore célibataire, menait une vie assez libre du côté de Baden Baden , dans les mois qui précèdèrent la naissance de Louis Koch-Foccard à Brumath , non loin de la frontière du duché. Dans cette hypothèse , le couple Koch -Foccart aurait servi de famille d'accueil pour un enfant naturel.

                                                            

    Marie-Amélie de Bade , dont une fille épousera le prince Albert 1er de Monaco.

Plus tard, Marie de Bade se marie à un Lord écossais , le couple a trois filles , dont Marie-Victoire qui va épouser le prince Albert 1er de Monaco .
Autrement dit Louis serait le demi-frère de la princesse de Monaco de l'époque , et Jacques Foccart son petit-neveu!
Pierre Péan reconnaît qu'il n'a pas trouvé la preuve absolue de cette filiation , que le doute subsiste , mais l'étroitesse des relations , par la suite, entre les Koch-Foccart et la famille de Monaco lui paraît renforcer cette hypothèse (1). Le fait aussi que Victoire-Frédérique, la mère de Louis , d'origine modeste, ait déclaré un pécule important lors de son second mariage, avec Griois ,est troublant : d'où tenait-elle cet argent? Et puis Jacques Foccart n'habitait-il pas à Luzarches  une maison , appelée "villa Charlotte", où les souverains de Monaco logeaient autrefois quand ils venaient à Paris , et qui était marquée à leurs armes. Etrange, non?
Remarquons aussi que le patronyme normal de la famille , "Koch", a disparu au fil du temps au profit de "Foccart", nom de l'épouse de l'huissier alsacien ; Louis a tenu d'abord à associer le nom de sa mère à celui du père (Koch-Foccart) , ensuite Jacques a obtenu de ne garder comme patronyme que "Foccart": comme si l'ascendance du côté du père , puis arrière grand - père était délégitimée.

                                           Suzanne Foccart , l'abbesse scandaleuse.

Suzanne, la tante de Jacques, fut l'abbesse du Carmel  de Laval de 1897 à 1912. Elle fut au centre d'un énorme scandale. Il lui fut reproché principalement des relations "douteuses" avec l'évêque , Mgr Geay , et le secrétaire de celui-ci , l'abbé Dissard . Rumeurs , campagnes de presse s'ensuivirent.  Le scandale éclaboussa bien sûr la famille. Suzanne dut finalement quitter Laval. Par la suite, on la retrouve retirée à Nantes , auprès  de l'évêque local , et là , elle a un nouveau "favori" : l'abbé Grangereau. Puis elle finit sa vie à l'Ile-aux-Moines. Dans ses affaires , on retrouvera la photo d'un jeune enfant...L'ex abbesse, cela semble avéré, aurait eu un enfant ... en 1913 , "qu'on lui aurait arraché". Le père serait l'abbé Grangereau...
   

                                  Elmire de Courtemanche , la mère (officielle) de J.Foccart.

1913 : l'année de naissance de Jacques Foccart. Rappelons-nous cette réunion de famille au château en août 1913 : Guillaume Foccart et son épouse s'étaient absentés de Guadeloupe, et  y étaient justement , et c'est ce qui avait permis, pensait-on, au jeune Jacques de naître à Ambrières ; mais Suzanne aussi était présente , Pierre Péan est formel. On voit bien ce qu'il suggère..
Rappelons-nous aussi que Guillaume et son épouse sont repartis en Guadeloupe sans le bébé , qui est resté au château 3 ans , avant qu'il  le prennent avec eux en 1916... Elmire , sa mère légale, ne semblait pas avoir un amour maternel très vif ?

Jacques Foccart , l'homme de l'ombre et du secret à l'époque du régime gaulliste , était à bonne école, semble-t-il, dans son environnement familial!

JMS

(1) On trouvera toutes sortes de détails assez troublants dans le livre de Pierre Péan sur Jacques Foccart , L'Homme de l'ombre .Editions Fayard.

Le château de mon arrière grand-père était finalement le château de la famille Sillard , construit en 1920 en lieu et place d'un ancien château du XIXe s détruit par son propriétaire , lui-même édifié sur les ruines du château médiéval (voir photo ci-dessus) . La mairie y sera installée en 1946.Mais ma démarche de recherche m'a réservé bien des surprises et découvertes...