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mercredi 11 août 2021

A LA DECOUVERTE DE LA MALMAISON, "LE CHATEAU DE JOSEPHINE DE BEAUHARNAIS".

 Aujourd'hui nous découvrons la MALMAISON, "le château de Joséphine de Beauharnais", et son parc : avec sa roseraie, son jardin exotique, son parc à l'anglaise, ses cygnes noirs...

Joséphine de Beauharnais l'acquiert en 1799, avec l'aide de Napoléon Bonaparte. En 1809, elle en restera la seule propriétaire après son divorce d'avec Napoléon, jusqu'à sa mort intervenue en 1814. Elle s'attachera particulièrement à développer les jardins, et notamment la roseraie. Elle y cultivera aussi de nombreuses espèces exotiques, inconnues en France jusque là.

Entre 1799 et 1804, Napoléon y habitera avec Joséphine, et le château sera le siège du gouvernement de la France. Ensuite, il choisira le château de Saint Cloud comme lieu de résidence. Il reviendra souvent à la Malmaison ensuite cependant.

Le château s'aperçoit au bout d'une longue allée, les jardins se répartissant de chaque côté de celle-ci, au delà de rideaux d'arbres. Derrière le château un parc à l'anglaise s'organise autour d'une rivière.

Le château, orienté Est- Ouest comporte 3 niveaux, et est flanqué sur les côtés de pavillons qui se prolongent vers l'avant. Sa construction , commencée au début du XVIIe s , s'est complétée en 1686 par l'ajout des pavillons. Napoléon le fera rénover et redécorer au goût du jour.
Dès le XIVe siècle existait sur les lieux un manoir.

UN COUP D'OEIL A L'INTERIEUR DU CHATEAU:
Les pièces à visiter se répartissent sur deux niveaux: le décor d'origine du consulat a été reconstitué. On  découvre aussi  un superbe mobilier et toutes sortes d'objets précieux de cette époque qui viennent souvent d'autres sites . En voici un aperçu:

Dans le vestibule, amours et jeux de miroirs.

Dans le salon de l'Empereur, un beau guéridon présent à la Malmaison sous la Restauration, et au fond un portrait de l'Impératrice Joséphine par Pierre Paul Prud'hon.

Autour du guéridon, 4 fauteuils en bois doré provenant de la chambre de Napoléon à Saint Cloud.

Bel ensemble aussi de chaises autour d'un joli guéridon (dans le salon doré).

 Un des quatre fauteuils  à accoudoirs en forme de cygnes provenant du boudoir de l'Impératrice à Saint Cloud (Salle de la Frise).

Salle du conseil: une pièce clé entre 1799 et 1804 quand Napoléon y résidait.

La salle à manger, au rez de chaussée.
Le décor de style pompéïen a éré restauré dans son état d'origine. La salle à manger en acajou et les chaises viennent des Tuileries.

La salle de billard existait déjà au XVIIIe siècle. Joséphine faisait volontiers des parties de billard.

Un des tabourets d'époque présents dans la salle de billard. Ils proviennent d'une pièce construite par Joséphine pour y abriter ses oeuvres d'art, la grande galerie -qui a été détruite en 1830.

Chambre de l'Impératrice : le lit d'apparat. Elle y rendit le dernier soupir en 1814.

Aperçu de la "chambre ordinaire" de Joséphine. Elle s'y tenait plus volontiers que dans la chambre d'apparat. Le lit d'acajou, d'époque Empire, n'est pas d'origine.

Chambre de l'Empereur, dans le décor initial de 1814.
Mais le lit est celui du prince Eugène, le fils de Joséphine, aux Tuileries.

Vase en porcelaine de Sèvres orné à l'effigie de Joséphine.

Un joli écritoire.

LE PARC:
Il s'étendait sur 726 hectares du temps de Joséphine, il est aujourd'hui réduit à 6 hectares.

. A gauche de l'allée: 6- Roseraie. 7- Jardin exotique.
.A droite de l'allée: 8- Jardin.
. Derrière le château: 9- grand cèdre de Marengo. 10 - Rivière.

A gauche de l'allée:

Fontaine.

On découvre ici déjà un parc à l'anglaise.

Le pavillon d'été. Il a été construit en 1790 par le propriétaire d'alors.Il était à l'époque couvert de chaume et avait l'allure d'une chaumière. Il était utilisé par Napoléon comme cabinet d'été.

Autre vue.

Vue intérieure, qui reproduit l'ameublement d'alors. Les murs étaient ornés de vues et dessins en rapport avec l'Egypte.

Vue de la roseraie actuelle.
En 1814, le parc était connu pour sa roseraie, qui comptait 250 variétés de roses, dont quelques unes provenant de la Martinique, où Joséphine avait passé son enfance.

Le jardin exotique.


Oreilles d'éléphant.

Fuschia.

Tomate en arbre.

Faux arbre du voyageur.

A droite de l'allée:

Le pavillon Osiris.
Il porte le nom d'un mécène qui acquiert le domaine en 1896 et redonne à la Malmaison son aspect d'origine avant de la léguer à l'état.

On dirait bien Napoléon...

LE JARDIN:

L'Apollon du Belvédère veille sur le jardin. Au fond, le pavillon des voitures.









Un petit échantillon des fleurs qui l'ornent.

DERRIERE LE CHATEAU:

Vue arrière du château.
La façade arrière est ornée de statues (dont certaines venaient de Marly) et de vases.

Elle surplombe un fossé que franchit un pont en pierre.
Deux obélisques égyptiennes autrefois dorées l'ornent aussi.

De chaque côté du pont, deux centaures de la fin du XVIIIes , l'un jeune l'autre vieux, ont été installés en 1801. Ils reproduisent ceux de la villa Adriana à Tivoli.

LE PARC A L'ANGLAISE:
il fut créé en 1806-1807: dans le parc arboré aux allées sinueuses serpente la rivière anglaise.

Le grand cèdre dit de Marengo a été planté en 1800 par Napoléon et Joséphine  pour commémorer la victoire de Marengo.

Nous sommes bien peu de choses devant ce cèdre de 221 ans.

Vue du château depuis le cèdre.

Une statue de Neptune se cache dans un bosquet. L'original du XVIes est à l'abri dans le pavillon des voitures.

Le parc à l'anglaise mérite une promenade.

Platane de 1850.

Diane chasseresse est de la partie.

La rivière: on aperçoit deux des 4 cygnes noirs du parc. Ce sont les héritiers des cygnes noirs d'Australie que Joséphine fit venir pour la première fois en France. 

Quelques canards et oies bernaches leur tiennent compagnie aujourd'hui.
 Il faut savoir que toutes sortes d'animaux se promenaient en liberté dans le parc du temps de Joséphine: kangourous, émeus, zèbres, gazelles, antilopes, autruche, lamas et même un phoque!

Retour vers le portail d'entrée.


Dernier regard sur le château.


                                                  AVANT ET APRES JOSEPHINE:

                                                            * AVANT:
. Une même famille fut propriétaire du domaine de 1390 à 1763: elle descendait d'un certain Guillaume Goudet, marchand à Paris et sergent d'armes.
. Deux autres propriétaires suivirent avant Joséphine, notamment à partir de 1771 le banquier Le Coulteux du Molay qui, avec sa femme Sophie, reçut à la Malmaison une société choisie: E. Vigée Lebrun, Choderlos de Laclos, Grimm, Bernardin de Saint-Pierre, Condorcet, Sieyès par exemple fréquentèrent le château.
                                                            
                                                            *APRES:
. Le prince Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine, hérita du domaine, et sa veuve le revendit en 1828.
. A partir de 1842, la reine Marie-Christine d'Espagne, veuve et remariée, en est la propriétaire.
. En 1861, Napoléon III lui rachète la Malmaison et la remeuble.
. 1870: les prussiens saccagent l'intérieur. Ensuite elle sert de caserne. Elle est alors propriété de l'Etat.
. 1877: elle est revendue à un marchand de biens qui lotit le parc, qui se réduira alors à 6 ha.
. 1896: Daniel Iffla dit OSIRIS, un mécène, rachète le domaine et rend au château son aspect d'origine. Il y installe aussi une importante collection napoleonnienne.
. Il lègue le tout à l'Etat en 1904 et en 1905 la Malmaison devient un musée.

A VOIR AUSSI:

* A LA DECOUVERTE DU TEMPLE DE LA GLOIRE A ORSAY:

*A LA DECOUVERTE DU CHATEAU DE BY - MUSEE ROSA BONHEUR:

* A LA DECOUVERTE DE L'EXPOSITION LALANNE DANS LE DOMAINE DE MARIE-ANTOINETTE (PETIT TRIANON).




vendredi 11 juin 2021

A LA DECOUVERTE DU CHATEAU DE BY, MUSEE ROSA BONHEUR.77-THOMERY.

Intéressante découverte que ce château de By, qui abrite un musée privé consacré à la peintre animalière Rosa Bonheur ! Pour le découvrir, il faut se rendre en Gâtinais, à Thomery, localité de Seine et Marne proche de Fontainebleau. Au XVe siècle existait ici un domaine seigneurial, appartenant à la famille de By, qui le gardera jusqu'à la Révolution.. Le château sera remanié au XVIIIe siècle.

La peintre animalière Rosa Bonheur (1822-1899), prise d'un envie de campagne et de nature, achète le domaine en 1859. Elle est alors au sommet de sa carrière et sa notoriété est internationale. C'est la vente pour 40 000 F de son tableau "Le marché aux chevaux" (actuellement au MMA de New York) qui lui permet de réaliser cet achat. C'est la première femme qui peut s'acheter un bien grâce au fruit de son travail. Elle y vivra jusqu'à sa mort. Après sa disparition, le château échoit à sa "fille d'adoption", la peintre américaine Anna Klumpke , qui aura l'idée tout de suite d'ouvrir l'atelier de Rosa Bonheur au public. Le domaine restera à ses descendants. Il est acquis en septembre 2017 par Katherine Brault, qui y crée en 2018 un musée consacré à la peintre animalère. C'est donc un domaine privé. Par ailleurs, une association des Amis de Rosa Bonheur, associée au château, met sur pied quelques actions. Elle cherche notamment à obtenir le classement du château, qui est déjà labellisé "Maison des Illustres".                                                      

Le château de By  vu de la cour: l'aile droite a été construite  en 1860  par l'architecte Jules Saulnier, dans un style néogothique,  pour y installer l' atelier de l'artiste, haut de plafond,vaste et lumineux. Un second atelier, dit "atelier d'hiver", est construit par la suite au 2e étage du château. Au dessus de l'atelier, côté rue, l'aile droite comporte un clocher qui donne l'heure, un cadeau de Rosa aux habitants.

LE MUSEE:

A l'intérieur, on visite l'atelier de Rosa Bonheur, resté en l'état depuis sa disparition, et rempli de souvenirs de l'artiste, ainsi que la "salle des études", qui réunit de nombreuses esquisses, dessins et gravures. 

Dans l'atelier de l'artiste trône ce tableau d'Anna Klumpke représentant Rosa âgée, dans sa tenue de peintre (remarquons le port du pantalon, plus par commodité que dans un esprit revendicatif; à l'époque une femme n'avait pas le droit d'apparaître en public en pantalon; il lui a fallu pour pouvoir le faire un "certificat de travestissement" en bonne et due forme!). 
Rosa est une femme de petite taille (1,50 m), et de fort caractère... 
Un lion et une lionne, qu'elle avait eus petits, Sultan et Fatma, se promenaient familièrement dans son atelier. Sous le tableau, c'est Fatma !

Ce tableau d'Edouard Dubufe, représentant Rosa jeune, a été en fait terminé par elle: elle a de sa main remplacé le guéridon sur lequel elle était appuyée primitivement, et qui ne lui plaisait pas, par... une vache !

Les têtes naturalisées de "ses" animaux décorent ce mur de l'atelier...

Dans la salle des études, belle gravure représentant Sultan et Fatma adultes. Les lionceaux ont été élaborés à partir de ses dessins des deux lions jeunes.

Beau portrait de Sultan.

L'artiste  allait dans les bois, ou encore dans les foires aux bestiaux, pour trouver ses modèles.Elle voyageait même à l'étranger pour découvrir certaines races de bovins plus rares. 

Rendre le mouvement était sa préoccupation: ce tableau où l'on voit des vaches écossaises est caractéristique de ce point de vue.

On peut voir au cours de la visite de nombreux objets lui ayant appartenu: ses lunettes ici par exemple.

Que fait un costume d'indien dans cette vitrine? C'est un cadeau de Buffalo Bill, grand admirateur de l'artiste , venu le lui remettre à l'occasion de son passage en France pour y présenter son spectacle. C'est un costume de sioux un peu fantaisiste, un costume de spectacle!

Rosa Bonheur a eu d'autres visiteurs prestigieux: l'impératrice Eugénie, qui est venue lui remettre la légion d'honneur en 1865 ( elle fut la première femme à l'obtenir) , ou encore le président Sadi Carnot.

DANS LE PARC:
La visite du parc de 3 ha, adossé à la forêt de Fontainebleau, est intéressante et révèle des aspects surprenants de la personnalité de la maîtresse des lieux. Elle nous permet d'apercevoir d'abord successivement l'ancienne chapelle, à un angle de la propriété, puis un clapier et un joli poulailler. 

Le clapier et le poulailler.

On croise ensuite une de ces cabanes à raisin où l'on conservait les grappes de chasselas destinées à de riches parisiens ( ce coin du Gâtinais était un pays de vignes).

                                           Une cabane à raisins typique de ce pays de vignes.

 On découvre ensuite un pavillon isolé au milieu des arbres du parc, le "pavillon des Muses".


Rosa Bonheur aimait aller peindre dans ce "pavillon des Muses", perdu dans le parc, en pleine nature, elle y était entourée de ses animaux. Des enclos  avaient été aménagés aux alentours pour certains d'entre eux, des abreuvoirs y avaient été creusés dont on voit encore la trace.
 L'artiste, dont tout le talent provenait de la Nature selon ses propres dires, mettait à égalité l'être humain et l'animal.Pour elle, les animaux ont une âme. Elle a aussi agi pour préserver la nature (telle partie de la forêt de Fontainebleau par exemple).


Nous découvrons aussi un "pas de tir" (qui sert à l'entraînement au tir - elle s'entraînait donc au tir!), construit avec les traverses d'une voie de chemin de fer que Rosa avait fait construire dans son parc pour tester un système de freinage de locomotive inventé par une de ses amies, qui n'avait pas été prise au sérieux par les autorités. Eh bien Rosa avait décidé de construire une voie ferrée pour le tester! Il y avait même une gare, encore visible dans le parc!

Dans le parc, un arbre âgé de 450 ans...

Retour vers le château par l'allée d'honneur bordé d'arbres nouvellement plantés par la propriétaire.

Le château vu du parc.

A l'approche du château on remarque la serre, fabriquée dans les ateliers de Gustave Eiffel, et l'orangerie.


Repas, ou simplement boissons et gourmandises peuvent être savourés dans un lieu fort agréable, en particulier par beau temps. Le château comporte aussi des chambres d'hôtes. 
Actuellement, il est nécessaire de s'inscrire pour la visite.

UN PETIT PLUS:
le fameux tableau : "le marché aux Chevaux":
Cliquer sur l'image pour l'agrandir


Non seulement sa vente lui permit d'acheter le château de By, mais il lui valut une renommée internationale. Il fut présenté à l'exposition universelle de 1855. Elle fut influencée pour le réaliser par une frise du Parthénon. Elle alla 2 fois par semaine pendant 18 mois au marché aux chevaux de Paris pour réaliser des études préparatoires.Son dernier acheteur américain en a fait don au Metropolitan Museum of Art de New York. D'autres tableaux de Rosa Bonheur se trouvent notamment au musée d'Orsay et au château de Fontainebleau.


EN SAVOIR PLUS sur Rosa Bonheur et sa carrière:
VOIR:




mardi 5 janvier 2021

PARC NORD DES ULIS : DES FOULQUES AFFAMEES S'EN PRENNENT AUX MOLLETS D'UNE PROMENEUSE!

Une promeneuse, en effet, a cru revivre "Les oiseaux" d'Hitchcok, les corbeaux étant remplacés par des foulques, autres oiseaux noirs!

J'ai appris quelque chose sur les foulques, ces grosses poules d'eau noires à crête blanche: elles peuvent, dans certaines circonstances, attaquer l'homme, ou plutôt la femme en l'occurrence!
Les volatiles  du parc ont faim, et ils ont pris l'habitude d'accourir vers les promeneurs qui semblent avoir l'intention de leur donner à manger; réflexe conditionné par le fait que beaucoup de passants donnent aux oiseaux, bien que ce soit officiellement interdit.
Ce 30 décembre, jour de brouillard et de froid intense, je vois à une certaine distance une cohorte considérable de foulques se diriger en hâte vers une dame qui tient à la main un  sac en plastique apparemment garni de pain ou autre denrée susceptible d'intéresser ces volatiles; la dame s'écarte à reculons, un bouquet d'arbres me cache alors la scène en partie, mais j'entends des cris!



Foulque macroule.

Quand j'arrive sur les lieux, un reflux des oiseaux vers l'étang s'est produit, du fait que la promeneuse a fait mine de partir, mais je la vois qui se rapproche en se frottant la jambe: "Il y en a une qui m'a mordue! C'est que ça fait mal!"
En réalité, elle n'avait pas l'intention de nourrir les oiseaux! Elle avait dans son sac une brioche qu'elle se proposait de déguster chez elle avec sa famille, c'est ce qui a attiré cette bonne troupe, dont certains membres sont devenus mauvais! Est-ce par frustration ou par colère parce qu'on ne leur accordait pas ce qui leur était visiblement promis, certaines foulques se sont mis à avoir un comportement agressif!
Pendant que je discutais avec la promeneuse, les bêtes, voyant de nouveau le sac pendant au bout du bras de mon interlocutrice, se sont à nouveau précipitées vers nous, et nous avons évité de justesse de nouveaux coups de bec!
La foulque est normalement peureuse, mais elle peut-être hargneuse!
Et la faim peut favoriser, on le voit, ce deuxième trait de caractère!

LE PETIT CHAPERON ROUGE AURAIT VECU EN HUREPOIX!

Le Hurepoix, abondamment fourni en bois et forêts, était paraît-il autrefois le paradis des loups... et le cauchemar parfois des habitants , qui d'ailleurs au fil du temps les ont fait disparaître. Les nombreux noms de lieux ou d'allées forestières, dans la région, qui se réfèrent au loup attestent d'ailleurs encore de cette omniprésence de l'animal.

Et donc, tenez-vous bien, le petit Chaperon rouge serait une fillette ayant vécu en Hurepoix, plus précisément à Marcoussis, c'est un historien qui le dit, Jean-Marc Moriceau, professeur d'histoire à l'université de Caen, et spécialiste de l'histoire des campagnes et des loups! Entre novembre 1692 et 


mars 1693, il y aurait eu des attaques de loups dans le bois du Déluge, à Marcoussis. Une gazette de l'époque  rapportait par exemple que le 3 février, une jeune bergère, Marie Migret , qui gardait les vaches, avait été dévorée par un loup dans les bois de Marcoussis. Elle a été d'ailleurs inhumée au cimetière de Saint-Jean de Beauregard...  Charles Perrault, qui séjournait à la Cour de Versailles, aurait eu vent de cette affaire. Il aurait modernisé le conte, issu d'une vieille tradition orale, en s'en inspirant.
Il se trouve que le loup est vraisemblablement de retour dans la région (voir ci dessous) . La découverte il y a quelque temps d'un cadavre de poulain rongé  et d'autres traces dans le sud de l'Essonne semblent l'attester. Le loup décidément apprécie le Hurepoix! Va-t-on recommencer à avoir peur du loup dans la région? On nous assure qu'il est très rare qu'il attaque l'homme...

                                  LE LOUP DE RETOUR EN HUREPOIX!

Petits chaperons rouges, ne vous hasardez plus dans les bois: le loup est de retour en Hurepoix! Ainsi un loup aurait été observé dès 2016 entre Rambouillet , Auffargis et Cernay la Ville! Ce loup serait originaire de l'Yonne, d'après les spécialistes de l'Observatoire du loup, qui confirment un phénomène de migration du loup en direction de l'Ile de France. Le loup, paraît-il, se déplace de 20 à 60 km par jour; il n'est pas impossible qu'il se fixe dans la région s'il trouve le gibier suffisant (lapins) et une zone où il se sent relativement en sécurité.
                                                              
                                                                     

LOUP, Y ES-TU?

Néanmoins d'autres spécialistes restent sceptiques: peut-être les témoins ont-ils confondu avec un chien, certaines races ressemblent beaucoup au loup! Seule l'analyse génétique des excréments ou des poils collectés sur le terrain  donnerait une réponse sûre, mais de telles analyses n'ont pas encore été menées.
Il ne faudrait pas trop tarder pour les réaliser, selon l'Observatoire du loup, afin d'éviter les problèmes avec les élevages, et les massacres de loups  à tout va qui pourraient s'ensuivre !

dimanche 13 septembre 2020

EVENEMENTS A VENIR EN HUREPOIX:


                                       * A QUAND LA BELLE EPOQUE?
Le nouveau spectacle de l'association "Des auteurs et des Voix" évoquera les années1880 à 1900, qui précèdent la Belle époque.
"Selon une formule bien rôdée, qui a fait leur succès, Arlette Calloud et ses complices nous font revivre une période du passé pas à pas, à travers des témoignages de l'époque tirés aussi bien d'oeuvres littéraires que d'articles de journaux, de textes d'affiches, de lettres privées ou encore de chansons. Et c'est passionnant! On baigne véritablement dans l'époque, on vit ses incertitudes et ses inflexions telles que les ont vécues au présent les contemporains".La Blogazette des Ulis et du Hurepoix.



dimanche 26 janvier 2020

L'EXPOSITION SUR LOUISE DE VILMORIN A LA MAISON DE CHATEAUBRIAND (Châtenay-Malabry).

                                           Louise de Vilmorin.

C'est à l'occasion du 50 e anniversaire de la mort de Louise de Vilmorin (1902 - 1969)  que cette exposition a été montée à la maison de Chateaubriand en octobre 2019. Elle sera visible jusqu'au 15 mars 2020. Intitulée "Une vie à l'œuvre", elle se donne pour ambition de faire découvrir  l'œuvre peut-être un peu méconnue de Louise de Vilmorin, au delà du souvenir qu'elle a laissé à ses contemporains, celui d'une femme élégante, mondaine et séductrice.
Il est assez logique qu'une telle exposition ait été montée à la maison de Chateaubriand, située dans la commune voisine  de Verrières le Buisson, où se trouve le château familial de l'écrivaine. Il faut savoir aussi que dans la 1e moitié du XXe siècle, la maison de Chateaubriand, comme le château de Louise par la suite, fut un lieu de rencontre littéraire et artistique, qui accueillit Colette, Paul Valéry, Edouard Herriot par exemple.


Visite guidée de l'exposition.

 Une promenade dans la vie de l'écrivaine.
L'exposition, répartie dans 3 pièces différentes est en fait structurée en fonction de la biographie de l'auteur. On découvre d'abord sa famille, puis le fil de son existence de façon chronologique, et enfin ses dernières années. Il s'agit donc d' une sorte de promenade pas à pas dans la vie de l'écrivaine. Et à chaque étape, ses créations littéraires  et ses activités de plume diverses nous sont révélées, clairement replacées dans leur contexte.

              Affiche de la société Vilmorin: on pratiquait déjà les jeux sur les mots dans la famille.

Sa famille.
Tout le monde a entendu parler des graines Vilmorin. Elle était très fière de son père, grand botaniste, homme de culture et entrepreneur ambitieux. Une mère belle mais peu aimante, quatre frères qu'elle adorait, une sœur avec qui elle ne s'entendait pas (et qui épousera un cousin de Toulouse Lautrec):voilà le contexte familial. Elle se réfugie dans la lecture, et commence à composer des poèmes. Jeune, elle est de santé fragile. Un arthrite tuberculeuse de la hanche l'obligera à rester 3 années alitée à partir de 1919. Elle en gardera une légère boiterie.

Ses parents.

Louise et ses 4 frères, qu'elle adorait. Ils vivront avec elle au château de Verrières quand elle s'y installera.

    Elle symbolisait leur entente par un trèfle à 4 feuilles dont elle était la tige.

Les hommes de sa vie.
Au fil de la visite, on découvre les nombreux hommes de sa vie : après avoir été fiancée à Saint Exupéry, avec lequel sa mère lui imposa de rompre, car trop peu fortuné, elle épouse en 1925 un américain. De cette union naissent trois filles, qu'elle néglige à son tour. Elle s'ennuie. Elle a une brève liaison avec Malraux. Elle divorce finalement en 1937. Par la suite, elle  épouse un comte Hongrois: période heureuse mais courte: il la trompe. Nouveau divorce deux ans plus tard. Elle vit ensuite au palais Borghèse, résidence de l'ambassadeur de Grande Bretagne, dont elle est la maîtresse. C'est alors un tourbillon de mondanités. Dans les années 60, elle renoue avec Malraux, avec lequel elle vit au château de Verrières, qu'elle a réinvesti. Il y restera après sa mort.

Louise à l'époque de son premier mariage.


Buste sculpté de Louise de Vilmorin.

De la vie à l'œuvre.
Certains d'entre eux ont un rôle moteur par rapport à son activité d'écrivain: ainsi Malraux, qui lui suggère d'écrire pour se désennuyer. Sainte une fois, son premier roman, paraît chez Gallimard en 1934. Ou encore Cocteau, qui l'encourage, séduit par ce premier roman. Elle écrit alors La fin des Villavide et plusieurs poèmes. Elle noue une amitié et entretiendra une abondante correspondance avec celui dont elle dit "C'est le premier homme qui m'ait fait confiance". Sa relation avec Saint Exupéry nourrira plus tard les poèmes du recueil Fiançailles pour rien. La période hongroise lui inspire Le lit à colonnes, un 3e roman et des poèmes, réunis dans Le sable et le sablier. Pendant ses "beaux jours" au palais Borghèse, elle écrit Retour d'Erica (1946) et plusieurs poèmes. Retrouvant Jean Hugo en 1948, elle entame avec lui une correspondance, lui écrivant une lettre par jour. C'est Jean Hugo qui l'encourage à composer des vers, des holorimes, palindromes et calligrammes, ce qui donnera l'Alphabet des aveux (1954) admiré des surréalistes. Dans les années 50, Julietta, composé chez Jean Hugo, et Madame de... lui apportent la consécration. D'autant que ces deux romans seront adaptés au cinéma. Elle écrit aussi les dialogues du film de Louis Malle, Les Amants. A partir de 1954, elle rédige aussi des articles pour Vogue et Marie-Claire, sur des sujets divers: la mode, les voyages...Elle se lance dans une biographie de Chanel. Après 1960, retirée à Verrières, elle publiera encore L' heure maliciôse (1967) et des poèmes. Ils paraîtront dans le recueil posthume Solitude, ô mon éléphant (1972). Louise est enterrée dans le parc du château de Verrières, près du banc où elle venait souvent méditer.
Calligramme.

Un poème de l'époque.

Portrait de Louise par Jean Hugo.



De nombreux documents et objets à découvrir.
On peut découvrir au fil  du parcours de nombreux documents, manuscrits, photographies, affiches, tableaux, sculptures et objets divers qui proviennent d'archives publiques (par exemple de la bibliothèque nationale) et de fonds privés. Dans la dernière pièce de l'exposition, quelques éléments d'ameublement rappellent le salon bleu de Verrières, où Louise de Vilmorin recevait le Tout Paris de l'après guerre , après s'être installée définitivement  dans le château familial.

Louise de Vilmorin dans le salon bleu de Verrières.

* D'ici le 15 mars 2020, plusieurs animations sont proposées dans le cadre de cette exposition.
Se renseigner sur le site de la maison de Chateaubriand :

                                                            
Au loin, le ciel pâlit. Le soleil va se coucher.