correspondant agoravox

vendredi 17 mai 2013

LES CONFERENCES DU MARAIS : les destins croisés de deux femmes hors du commun, Natalie de Noailles et Adélaïde de La Briche.

Dimanche 28 avril 2013 , la grande salle à manger du château du Marais était pleine pour la 1ère séance du cycle de conférences prévues cette année : il s'agissait d'une présentation de Marie-Claude Jardin sur le thème: " Destins croisés : la Muse de Méréville et la châtelaine du Marais."

Deux femmes hors du commun...

    Ce sont les portraits de deux femmes hors du commun , emblématiques d'une région, le sud de l'Ile de France , entre Hurepoix et abords de la Beauce, que la conférencière a brossés : l'une, Adélaïde de la Briche, née Prévost , tenait salon au château du Marais tous les étés, à la fin du XVIIIe et dans la première moitié du XIXe siècles. Elle recevait ainsi tout une élite littéraire et politique: le fabuliste Florian , Saint-Lambert , ami de Voltaire et de Rousseau, Marmontel, collaborateur de l'Encyclopédie, furent notamment de ses habitués, suivis plus tard par Chateaubriand ou encore le critique Sainte-Beuve*... Fêtes et représentations théâtrales étaient organisées au château ,un lieu où ,vers 1813, "l'on riait du soir au matin" selon un participant...Adélaïde, une femme d'influence, qui  en 1792 écrivit des lettres au roi Louis XVI pour lui donner des conseils!

 
Panneau consacré à Mme de La Briche dans le" jardin littéraire" (parc du château du Marais).
 
   Natalie de Noailles était, elle, la fiche d'un riche financier honorablement connu, Jean-Joseph de Laborde, qui avait acquis le château de Méréville , près d'Etampes ,et fait réaménager son parc "à l'anglaise" pour le plaisir de sa fille. Elle avait bénéficié d'une excellente éducation, au point de lire Cicéron et Tacite dans le texte...Elle avait fait un "beau mariage" avec un membre de la grande noblesse française, Charles de Noailles ,malheureusement volage. D'une beauté et d'un charme exceptionnels ("Tous ses mouvements sont des grâces", selon un témoin) , elle fut un des grands amours de Châteaubriand , qu'elle recevait à Méréville, et même sa Muse , de l'aveu même du grand écrivain , lui inspirant certaines figures féminines de son œuvre; elle s'est aussi impliquée par exemple dans l'élaboration des "Martyrs", en grande partie écrits à Méréville. Elle fut à une certaine époque, sous l'Empire, "la femme la plus à la mode de Paris".

Buste de Natalie de Noailles.
... aux destins contrastés.

Les deux femmes étaient d'une génération différente (Mme de La Briche était de 19 ans plus âgée) , mais  se sont beaucoup fréquentées, d'autant plus qu'elles étaient parentes: Mme de La Briche était la tante par alliance de Natalie. Elles avaient aussi des centres d' intérêt communs, comme le goût de la Nature et des jardins à l'anglaise...Adélaïde fut aussi présente auprès de Natalie dans les épreuves qu'elle connut. Mais leurs destins respectifs furent très contrastés! D'un côté Mme de La Briche, "une femme dont le bonheur n'a jamais pu se débarrasser" selon Chateaubriand, a traversé sans encombre les temps troublés de la Révolution , bien qu'ayant refusé "toute idée d'émigration"; elle aurait été " protégée", sans doute à son insu; elle parle elle-même à l'époque du Val Saint Germain , où se trouve le Marais, comme d'"une vallée qui semble inaccessible aux troubles". Natalie de Noailles eut elle un destin moins serein : son mariage ne fut pas heureux, et lui valut  beaucoup d'humiliations; son père, Jean-Joseph, dont le fils aîné avait émigré, périt sur l'échafaud; elle même fut emprisonnée un temps avec sa mère ; deux de ses frères périrent au cours d'une expédition de La Pérouse; elle eut enfin une triste fin de vie: privée de son domaine de Méréville, qu'elle affectionnait, elle s'enfonça peu à peu dans la folie...

Images concrètes de ces destinées divergentes , leurs domaines aujourd'hui: le château du Marais a traversé le temps en gardant sa splendeur; le domaine de Méréville laissé à l'abandon, pillé, est en ruines. On vient seulement de commencer à le réhabiliter. Certaines des "fabriques" décoratives qui le parsemaient subsistent , d'autres ont été transférées au parc de Jeurre; mais il est à présent ouvert à la visite.
 
Marie-Claude Jardin lors de la conférence du 28 avril.

Le livre de Marie-Claude JARDIN :  L'ENCHANTERESSE de CHATEAUBRIAND (Editions Histoire et Patrimoine), donne de nombreuses informations supplémentaires sur le destin de Natalie de Noailles , et sa relation amoureuse avec Chateaubriand notamment.

Une belle conférence, un intéressant parallèle entre deux destins pour commencer le cycle du Marais!


JMS

                               * DES ARTICLES DE LA BLOGAZETTE à lire ou à relire :  

-sur les conférences du Marais : http://jmsattoblogazettedesulis.blogspot.com/2013/04/du-nouveau-au-chateau-du-marais-un.html

* sur les grandes heures du château du Marais: quand l'élite politique et littéraire de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles se donnait rendez-vous l'été au Marais: cliquer sur: http://jmsattoblogazettedesulis.blogspot.com/2012/07/les-grandes-heures-du-chateau-du-marais.html

                              
                   







jeudi 16 mai 2013

Coup de coeur/VOYAGE: au pays d'Astrée et de Céladon , dans le FOREZ.

Pour qui emprunterait l'autoroute qui relie Clermont-Ferrand à Saint-Etienne , de belles escapades dans la région du FOREZ sont possibles... 



Paysages du Forez.

* Le joli site de POMMIERS dans le FOREZ.

Un site merveilleux s'offre au regard du voyageur lorsqu'il découvre, par une belle journée de mai, ce petit village depuis le petit pont de la Valla qui franchit un bras de  l'Aix...  Au fond, le prieuré autour duquel s'est construit Pommiers est flanqué de quatre tours de défense qui sont visuellement du plus

                                        Cliquer sur l'image pour l'agrandir...
bel effet. Ce décor fait irrésistiblement penser à celui qui est évoqué dans le roman d'Honoré d'Urfé , L'Astrée, qui raconte les amours de l'héroïne éponyme et du berger Céladon. Ce village se trouve d'ailleurs à peu de distance du château de la Bastie d'Urfé où l'auteur du roman a passé une partie de sa jeunesse...


Moins poétique : ce lieu serait celui où le prieur de Pommiers, qui avait droit de justice, remettait les condamnés au comte de Forez.


Le printemps dans tout son éclat magnifie le site...


Vue rapprochée...


Autour du prieuré de Pommiers....
Créé en 825 par des moines bénédictins venus de Nantua, dans l'Ain, il fut placé en 960 sous l'autorité de l'abbaye de Cluny. Il a été reconstruit au XVe et abrite un cloître restauré au XVIIe. L'église du prieuré (XIe et XIIe), dédiée à St Pierre et St Paul, est du plus pur style roman.
 Le roi Charles VII est venu au prieuré en 1452, et François 1er en 1531 et 1537.

 * Le château de LA BASTIE D'URFE :

A une dizaine de  kilomètres de Pommiers , dans la vallée du Lignon , on découvre un  grand château blanc aux toits d'ardoise, celui de la famille d'Urfé.
L'auteur de " L'Astrée", Honoré d'Urfé (1567-1625) , y a passé son enfance et en a fait le cadre de son fameux roman-fleuve de 5000 pages, qui raconte les amours de la bergère Astrée et du berger Céladon. Ecrite entre 1607 et 1628, l'oeuvre fut un immense succès de librairie , qui lança la mode du roman et des "bergeries".


Au XVe siècle , les seigneurs d'Urfé avaient bâti sur ce site un manoir , une "bastie" ou bastide (= maison forte). Mais en 1535, Claude d'Urfé, grand-père d'Honoré, qui était revenu de Rome humaniste et catholique ( il y représentait François 1er au Concile de Trente , et y avait séjourné plusieurs années) , transforma le manoir en une demeure Renaissance , entièrement façonnée selon ses nouvelles valeurs. Un type de château unique dans la région.

L'aile située à droite de la cour d'honneur comporte deux galeries superposées à l'italienne.
Une rampe cavalière aboutit à une loggia. La tourelle appartenait au manoir primitif.
Les cuisines se situaient au rez-de-chaussée.

Le départ de la rampe est marquée par un sphinx, symbole de la science et de la connaissance chères aux humanistes. Elle aboutit aussi à la bibliothèque! On remarque aussi un thème chrétien à la base: christ ou homme de bonne volonté portant sa croix...

L'aile gauche (ci dessus un détail), était réservée au corps de garde.

Sous cette aile gauche, s'étend un cellier comportant 6 loges voûtées.

Les pièces du château présentent de beaux plafonds peints, et un remarquable mobilier ancien (notamment du XVIe) , ainsi que des tapisseries.

Et bien sûr , une des salles est ornée de plusieurs tapisseries illustrant des scènes de L'Astrée, comme  celle-ci par exemple semblant figurer des retrouvailles entre Astrée et Céladon.

Ici les éléments d'une admirable porte sculptée.

Mais le clou de la visite est certainement la grotte de rocaille (ou salle de fraîcheur) ménagée au rez de chaussée du corps de logis central. A gauche une figuration de l'été, à droite de l'hiver. Au fond la porte donnant accès à la chapelle du château;

Détail de l'hiver.

Mur du fond. Cette grotte parée de cailloutis, de coquillages, de sables diversement teintés, et de stalactites, au décor païen (statues antiques rapportées d'Italie comme celle de Dionysos qui a remplacé une statue du dieu Pan) est une sorte d'antichambre de la chapelle. Le passage de la grotte à la chapelle représente le passage du paganisme au christianisme.

Sur le mur de droite, une représentation de Neptune.

Le plafond...


De la chapelle ,on retiendra le très beau plafond à caissons de stuc doré...

et les remarquables reliefs de l'autel ...

représentant des scènes bibliques...(David et Goliath, le passage de la mer rouge...).

Le jardin présente une nature façonnée par l'homme...

Il est soigneusement clos; la clôture sépare le monde civilisé ,"humaniste", du monde sauvage.

Harmonie géométrique...

Tiens, ne serait-ce pas Céladon?

Le château vu du parc.

Des jeux de perspective...
Urfé est finalement le château de la Loire situé le plus au sud! (La Loire passe à quelques km).

Le jardin s'organise autour de cette rotonde centrale ,qui abrite la Fontaine de la Vérité d'Amour :elle a servi de modèle à celle qui est évoquée dans L'Astrée.

Le château est géré par la société historique et archéologique du Forez (la DIANA ) , qui l'a sauvé de la ruine en 1909, après qu'il ait été en partie démantelé par certains propriétaires (La famille d'Urfé s'est éteinte au XVIIIe siècle).


* AUTOUR DU CHATEAU DE COUZAN.


Plus à l'ouest, le paysage est dominé par le château médiéval de Couzan construit au XIe siècle par les Damas ,une famille venue de Bourgogne.

Au delà de Couzan, les pentes de la haute vallée du Lignon...

... couvertes d'une végétation printanière.

CLIQUER SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR...



































mercredi 1 mai 2013

Images de reportages: le carnaval de RIO s'invite à Courson-Monteloup : chaud, TRES CHAUD!

 
 A l'occasion de mes reportages pour le Républicain, je collecte des images : témoignage complémentaire ou photos -souvenirs pour qui veut.
 
* Soirée brésilienne à COURSON-MONTELOUP :
 
                                                                             photo JMS
Samedi 25 mai : le comité des Fêtes de Courson - Monteloup organise sa soirée annuelle à thème : cette année , c'est le Brésil  qui est à l'honneur! Sous une vaste tente , devant la mairie, plus de 200 couverts ont été dressés aux couleurs de ce pays , le jaune et le vert...
 
Mais d'abord, on cède au  plaisir de se déguiser : boas aux couleurs vives et /ou plumets pour les dames et demoiselles , chapeaux et drôles de lunettes pour les messieurs.
 
 Apéritif brésilien (à base de rhum et de citron vert), repas brésilien (poulet au lait de coco),et brésilienne aussi l'animation bien sûr!
Le carnaval de Rio a fait tout à coup irruption dans ce petit village du Hurepoix , apportant sa chaleur, sa gaîté , ses couleurs et...
 

sa sensualité...!

On put assister aussi à une intéressante démonstration de capoeira, un mélange de danse folklorique et d'art martial.

Les esclaves au Brésil n'avaient pas le droit de pratiquer la lutte , et ils dissimulaient la chose sous l'apparence de danses folkloriques. C'est ainsi qu'est née cette activité ,qui s'accompagne de chants, de musique et de frappements des mains.
 
Elle comporte des aspects acrobatiques.
 
 et utilise parfois des accessoires...
Elle oscille entre le jeu, la danse et le combat de forme plus ou moins violente .
 
                                                                 Une superbe ambiance...!!!

Photos aimablement mises à notre disposition par Alain Artoré.
 
Voir aussi notre article dans Le Républicain du 30/5/13.
 
* IMAGES SPORTIVES  du Hurepoix : 
 
Gala de clôture de la Fête du Sport d'Orsay (20/4/13).
 


 
Des démonstrations souvent spectaculaires étaient proposées au gymnase Blondin. Les gymnastes, parfois très jeunes, se sont livrés à toutes sortes de sauts impressionnants!
 


 
Arts martiaux, escrime étaient de la partie; et le Kyudo , un tir à l'arc japonais très hiératique, a frappé les esprits.
 
Voir aussi notre article dans Le Républicain du 25/4/13.