correspondant agoravox

mardi 24 septembre 2013

LA DERNIERE DEMEURE DU PEINTRE FOUJITA à Villiers-le-Bâcle (plateau de Saclay).


C'est dans le petit village de Villiers-le-Bâcle , situé en bordure du plateau de Saclay , que le peintre Foujita , né en 1886 à Tokyo, a  vécu les  huit dernières années de sa vie , avec sa dernière épouse, de 1960 à 1968.
En 1991 , sa veuve a légué sa maison au conseil général de l'Essonne : celui-ci en  a fait un musée , qu'il gère, et  où l'on peut découvrir le cadre quotidien de l'artiste et le vaste atelier où il a créé ses dernières œuvres.
 
La maison de Foujita à Villiers ,vue du jardin. Photo jms.
 
Un des principaux peintres de l'Ecole de Paris. 

Tsuguharu Foujita (connu aussi sous le nom de Léonard Foujita car il s'est fait baptiser en 1959 , adoptant ce prénom en hommage au grand peintre léonard de Vinci qu'il révère) a aimé très tôt la France : il passe son enfance et son adolescence  à Tokyo, mais il  y apprend  le français à l'école primaire. Après avoir étudié l'art occidental aux Beaux-Arts , il ne rêve que de se rendre à Paris , ce qu'il fait en 1913.
Il fait bientôt la connaissance de Picasso , et devient un des membres éminents de "L'école de Paris" qui regroupe à Montparnasse tous les peintres d'avant garde de l'époque : Modigliani , Derain, Matisse , Fernand Léger, Juan Gris ...

 
 Portrait de FOUJITA en 1930 .
 
Dans les années 20 , il a vite un succès considérable: son style à la limite de l'art occidental et oriental plaît.
Il retournera un temps au Japon, séjournera à New-York , puis reviendra définitivement en France en 1950 , et se fera naturaliser français en 1955, avant de se retirer à Villiers-le-Bâcle.

Des talents multiples.

La visite de la maison de Villiers contient un nombre réduit de peintures de Foujita , ce qui est un peu dommage ,car il est difficile de se faire une idée de son style pictural si on ne le connaît pas. Au visiteur de se documenter par ailleurs pour  en savoir plus. Certaines fresques à motif religieux  sont cependant visibles dans son atelier : ce sujet à la fin de sa vie lui tient à cœur; il a eu en effet une illumination mystique en visitant la basilique Saint-Rémi de Reims , d'où d'ailleurs sa conversion. Mais cette visite nous fait appréhender  toutes les autres facettes de son talent : car il était aussi céramiste et photographe : la maison et l'ancien presbytère voisin , qui sert d'annexe du musée, sont remplis de ses créations...Il décorait aussi lui-même son cadre de vie , confectionnait  de ses mains les objets usuels les plus divers chez lui .Rappelons enfin qu'il a été aussi graveur, illustrateur, cinéaste, créateur de mode...

 
L'atelier de Foujita. Photo jms.
 
A sa mort , Foujita a d'abord été inhumé à Reims , puis  ramené dans le petit cimetière de Villiers le Bâcle. Finalement , sa sépulture a été réinstallée  à Reims , dans la chapelle Notre-Dame de la Paix qu'il avait imaginée et décorée.

Une "portes ouvertes" pour la Fête du Patrimoine.

Samedi 14 et dimanche 15 septembre , grand branle bas de combat à la maison Foujita : le conseil général avait mobilisé son personnel pour organiser visites  guidées et animations.
Dans l'ancien presbytère voisin, on pouvait par exemple écouter les contes japonais de François Vincent , ou s'amuser du détournement humoristique d'objets usuels et de photographies de Foujita .Dans le parc voisin, on pouvait entendre à plusieurs endroits la voix de Foujita ou des conférences sur son oeuvre. Enfants et adultes ont pu fabriquer mangas , ou origamis , ou encore s'exercer à la calligraphie, dans les tentes -ateliers dressées dans le parc.



Une animation dans le presbytère : François Vincent et ses contes japonais.

Des photos de Foujita tapissent les murs. Photo jms.

Aller voir la maison musée Foujita  est une bonne introduction à la redécouverte de ce peintre majeur du XXe siècle.

JM SATTONNAY


                                               QUELQUES OEUVRES DE FOUJITA :
 
 
 
Kiki de Montparnasse. Détail d'un tableau.
 



 
 
La chapelle Notre-Dame de la Paix à Reims où Foujita repose.

 
Décoration de la chapelle par Foujita.

 
Vitrail de la chapelle.
 

 
Foujita âgé dans son atelier.
   
                                                     (documents iconographiques internet).





 


1 commentaire:

  1. un commentaire de Christian:
    Instructif ce reportage sur Foujita qui rencontrait Picasso au 11 rue de Médéah (14e) où habitaient mes grands parents paternels. La rue n’existe plus, elle était à l’emplacement de l’hôtel (ex Sofitel) de la gare Montparnasse.

    RépondreSupprimer